Châteaux et parcs de Potsdam et Berlin

Découvrir les châteaux et parcs de Potsdam et Berlin

Avec ses 500 ha de parcs, ses 150 constructions édifiées entre 1730 et 1916, l’ensemble des châteaux et parcs de Potsdam constitue une entité artistique exceptionnelle dont le caractère éclectique renforce l’unicité. Cet ensemble est prolongé, dans le district de Berlin-Zehlendorf, par les châteaux et les parcs qui s’étendent sur les rives de la Havel et du lac de Glienicke. Voltaire séjourna dans le palais de Sans-Souci, construit sous Frédéric II entre 1745 et 1757.

Valeur universelle exceptionnelle des châteaux et parcs de Potsdam et Berlin

Brève synthèse

Les palais et parcs de Potsdam et Berlin (Sans-Souci)  représentent un ensemble à part entière d’édifices et jardins paysagés des XVIIIe et XIXe siècles. Cet ensemble, constituant une entité artistique exceptionnelle, trouve son origine dans l’œuvre des plus grands architectes et paysagistes de l’époque dans le nord de l’Allemagne – G.W. von Knobelsdorff (1699-1753), C. von Gontard (1731-1791), C.G. Langhans (1732-1808), K.F. Schinkel (1781-1841), P.J. Lenné (1789-1866) et leurs collaborateurs. Aux côtés de sculpteurs, peintres, artisans, maçons et jardiniers de génie, ils ont créé Sans-Souci, le Nouveau Jardin, le Parc de Babelsberg et d’autres espaces dans les environs de Potsdam, en faisant une œuvre d’art d’ensemble de grande qualité, de  dimension européenne et  au prestige international.

Le bien du patrimoine mondial englobe les palais et parcs de Potsdam et Berlin qui incluent les constructions, les parcs et les espaces aménagés, intuitivement, territorialement et historiquement en adéquation avec le château et le parc de Sacrow et l’église du Saint-Sauveur.

Le paysage culturel avec ses parcs et édifices a été dessiné et construit entre 1730 et 1916 dans une magnifique région de rivières, lacs et collines. Le concept sous-jacent de Potsdam a été exécuté selon les plans de Peter Joseph Lenné, dessinés vers le milieu du XIXe siècle, pour transformer le paysage de Havel en paysage culturel que nous connaissons. Ces dessins déterminent toujours la disposition du paysage culturel de Potsdam. L’ensemble des parcs de Potsdam est un bien culturel d’une exceptionnelle qualité. Il forme un tout artistique, dont le caractère éclectique renforce l’unicité.

À Potsdam, le bien du patrimoine mondial comprend le parc du Sans-Souci, l’avenue Lindenallee à l’ouest du Nouveau Palais, l’ancienne école de formation des jardiniers, l’ancienne gare ferroviaire de l’Empereur et ses environs, le château de Lindstedt et ses basses-terres, l’enclos du Seekoppel, l’avenue de Sans-Souci, l’avenue Voltaireweg reliant le parc du Sans-Souci et le Nouveau Jardin, le Nouveau Jardin, le verger de Mirbach Wäldchen et le lien entre la colline de Pfingstberg et le Nouveau Jardin, la villa Henkel avec jardin, la colline de Pfingstberg, le jardin de la Villa Alexander, le parc de Babelsberg, les accès du parc de Babelsberg, l’observatoire de Babelsberg, le parc de Sacrow, la Forêt royale autour du village de Sacrow et la colonie russe d’Alexandrowka avec le Kapellenberg, le village italien artificiel de Bornstedt et le village suisse artificiel à Klein-Glienicke. À Berlin, il inclut le parc Glienicke, la colline de Böttcherberg avec la Loggia Alexandra, le pavillon de chasse de Glienicke et l’île aux Paons (ainsi que toutes les constructions).

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Critère (i) : L’ensemble des châteaux et parcs de Potsdam constitue une réalisation artistique exceptionnelle dont le caractère éclectique et évolutif renforce l’unicité : de Knobelsdorff à Schinkel et de Eyserbeck à Lenné, toute une série de chefs-d’œuvre architecturaux et paysagers auront été construits au sein d’un même espace, illustrant des styles opposés et réputés irréconciliables, sans porter atteinte à l’harmonie de la composition générale, qui s’est peu à peu dessinée au fil du temps. Le début de la construction de Friedenskirche en 1845 est un symbole d’historicisme délibéré : ce pastiche « nazaréen » de la basilique San Clemente à Rome commémore la pose, le 14 avril 1745, de la première pierre  de Sans-Souci, le palais Rococo par excellence.

Critère (ii) : Potsdam-Sans-Souci – fréquemment appelé le « Versailles prussien » – est la cristallisation d’un grand nombre d’influences venues d’Italie, d’Angleterre, des Flandres, de Paris et de Dresde. Synthèse des tendances artistiques constatées dans les grandes villes et cours européennes au XVIIIe siècle, le château et le parc constituent de nouveaux modèles qui influencèrent grandement le développement des arts monumentaux et l’organisation de l’espace à l’est de l’Oder.

Critère (iv) : Potsdam-Sans-Souci est un remarquable exemple de créations architecturales et aménagements paysagers associés au concept de pouvoir monarchique en Europe. Par l’immensité du programme, ces ensembles royaux appartiennent à la catégorie très distincte des résidences princières, telles que Würzburg et Blenheim (respectivement  inscrites sur la Liste du patrimoine mondial en 1981 et 1987). Le bombardement du 14 avril 1945 a rendu impossible l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’ensemble urbain développé par Frederick William I en deux étapes : tout d’abord, « la nouvelle ville », de 1721 à 1725, et la « seconde nouvelle ville », qui a commencé en 1733.

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Intégrité

Les palais et jardins de Potsdam et Berlin incluent tous les éléments nécessaires pour exprimer la valeur universelle exceptionnelle du paysage résidentiel prussien. Le bien est d’une taille suffisante pour garantir les caractéristiques et processus qui véhiculent son importance.

Authenticité

Même si l’agencement suit toujours le plan de Lenné, entre 1939 et 1989, l’histoire a laissé des traces sur le bien de Potsdam en raison de négligence, de réaffectation collective des édifices et de constructions d’installations militaires.

Les politiques des Etats fédéraux de Brandebourg et Berlin, de la ville de Potsdam et de la fondation Berlin-Brandebourg des palais et jardins prussiens entendent restaurer le bien, sur la base d’une vaste recherche historique et en mettant l’accent sur la structure et la disposition historiques de l’aménagement paysager, tout en servant de cadre aux nouveaux développements environnementaux et urbains. Ceci afin de garantir une restauration et une rénovation scrupuleuses et responsables. On constate  parfois des reconstructions partielles, également basées sur de vastes études et recherches préliminaires.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

L’ensemble du territoire est classé zone monumentale selon la Loi de l’État de Brandebourg sur la protection des monuments, du 24 mai 2004, et est protégé en tant que district administratif par les Statuts des districts monumentaux de Potsdam du 30 octobre 1996, dans le cadre des Statuts relatifs à la protection du district monumental du paysage culturel de Berlin-Potsdam inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO,.

Le bien est également couvert par le traité d’État sur l’établissement de la Fondation Berlin-Brandebourg des palais et jardins prussiens « Schémas directeurs de construction de la ville de Potsdam » et le « Traité d’État sur l’établissement de la Fondation Berlin-Brandebourg des palais et jardins prussiens » (Stiftung Preußische Schlösser und Gärten Berlin-Brandenburg, ou SPSG) du 23 août 1994 / 4 janvier 1995 / publié le 9 janvier 1995. Le nombre de visiteurs autorisés dans les palais, les autres édifices (musées) et les parcs, dépend des orientations en matière de conservation et préservation.

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Les paragraphes de la proposition d’inscription intitulés « Situation en matière d’urbanisme / Intentions en matière d’aménagement » insistent sur l’importance des plans pour l’aménagement paysager de Potsdam (Leitplanung für die städtebauliche Entwicklung der Umgebungsbereiche der Welterbestätte Potsdam, ou Leitplanung) qui ont été établis en 1998/1999. Les derniers actes d’aménagement environnemental (Leitplanung) ont été adoptés par le Conseil municipal en 2005 et font l’objet d’une amélioration continue. Un contrat portant sur la zone tampon du bien du patrimoine mondial sur le territoire de la ville de Potsdam a été signé le 27 janvier 2011 par l’État fédéral de Brandebourg, la ville de Potsdam, l’Office d’état pour la préservation des monuments historiques et la Fondation Berlin-Brandebourg des palais et jardins prussiens, afin de garantir une protection durable et une préservation soutenue de l’intégrité visuelle et structurelle du bien et de ses environs immédiats. Une déclaration relative à la zone tampon pour le bien du patrimoine mondial sur le territoire de la capitale fédérale, Berlin, a été signée le 24 novembre 2004. Les activités de construction au sein de et à l’extérieur du bien sont également réglementées par les plans de construction locaux et les plans d’aménagement du territoire régionaux.

Les questions de conservation et construction sont orchestrées et gérées en étroite collaboration par la Fondation Berlin-Brandebourg des palais et jardins prussiens, la ville de Potsdam, les deux Offices d’État pour les monuments historiques (Brandebourg et Berlin), le ministère de la Science, la Recherche et la Culture, et le Département sénatorial pour l’aménagement urbain et l’environnement de Berlin.

Le bien est placé sous la responsabilité de la SPSG, de la ville de Potsdam et des districts de Berlin. La ville de Potsdam a par ailleurs désigné un coordinateur de site local pour la zone du bien situé au sein de sa responsabilité administrative. La SPSG possède une documentation détaillée (photographies, mesures/relevés, cartes) de l’ensemble des éléments des parcs. La SPSG a un comité sur les monuments (historiens de l’art, architectes, ingénieurs, restaurateurs, conservateurs, architectes paysagers) chargé d’étudier les mesures fondamentales concernant les points tels que les questions de restauration.

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Mis à jour le 22 mars 2022 par Dico Voyage