
Brève synthèse
Les sites préhistoriques de la vallée de Khorramabad comprennent cinq grottes et un abri-sous-roche dont les témoignages d’occupation humaine remontent à 63 000 ans avant notre ère. Il s’agit des grottes de Kaldar, Ghamari, Gilvaran, Yafteh et Kunji, ainsi que l’abri-sous-roche de Gar Arjeneh (éléments constitutifs 1 à 6). La vallée de Khorramabad est située au centre de la chaîne des monts Zagros, l’une des principales routes de dispersion humaine hors d’Afrique. Le grand nombre de grottes et d’abris-sous-roche, les abondantes ressources en eau, la richesse de la faune et de la flore, les ressources en pierre convenant à l’industrie lithique et le climat relativement doux ont créé des conditions favorables à l’installation humaine depuis la période du Paléolithique moyen.
Les fouilles archéologiques et l’étude des artefacts découverts sur les sites ont permis d’établir la chronologie scientifique du développement humain dans la vallée. Les strates moustériennes de la grotte de Kunji attestent de la domination des Néandertaliens dans la vallée au Paléolithique moyen. Pendant la transition entre les périodes du Paléolithique moyen et du Paléolithique supérieur, les humains anatomiquement modernes sont arrivés dans la vallée, se sont progressivement installés et ont finalement supplanté les Néandertaliens, illustrant l’une des phases de transition les plus précoces connues à ce jour dans la région du Zagros, ce qui apporte un éclairage au débat sur les routes de migration humaines depuis l’Afrique vers l’Eurasie. Les pendentifs et autres objets décoratifs découverts dans les sites, les preuves d’utilisation de pigments tel que l’ocre, ainsi qu’une terre cuite décorée marquent l’émergence du comportement cognitif humain et de systèmes de croyances. Les pendentifs en coquillage provenaient vraisemblablement du Golfe Persique, indiquant l’existence de routes de communication et d’échange entre la vallée de Khorramabad et les plaines du Golfe Persique durant la période du Paléolithique supérieur. Le grand nombre et la grande diversité d’outils en pierre découverts sur les sites témoignent des technologies lithiques sophistiquées de la culture baradostienne qui surpassèrent les développements contemporains dans les monts Zagros.
Critère (iii) : Les sites préhistoriques de la vallée de Khorramabad, avec les pendentifs en coquillage provenant du lointain Golfe Persique et les ornements façonnés à partir de canines de cerfs, sont des manifestations exceptionnelles de l’émergence et de l’évolution d’une communication symbolique, un aspect essentiel du développement cognitif humain moderne. Ces vestiges, ainsi que les technologies lithiques sophistiquées, sont un témoignage exceptionnel de la culture baradostienne du Paléolithique supérieur à l’échelle mondiale. Les grottes et les abris témoignent de la domination des Néandertaliens, de l’arrivée et de l’expansion des humains anatomiquement modernes qui ont finalement supplanté les Néandertaliens dans la vallée, et permettent de mieux comprendre la route migratoire de la dispersion humaine hors d’Afrique.
Intégrité
Les sites préhistoriques illustrent collectivement les multiples facettes de la vie des communautés préhistoriques et leur évolution et, individuellement, chacun des six éléments constitutifs contribue à la valeur universelle exceptionnelle dans son ensemble, d’une manière substantielle, scientifique, aisément définie et visible. Chaque élément constitutif est bien préservé et les facteurs susceptibles d’affecter le bien sont sous contrôle, les zones tampons assurent un surcroît de protection. Malgré le développement des établissements humains dans la vallée de Khorramabad et l’urbanisation progressive de la région, les éléments constitutifs ont conservé leurs relations spatiales avec leur environnement, lui-même relativement préservé.
Authenticité
Les sites préhistoriques sont authentiques par leur situation, leurs formes naturelles et leurs cadres. La végétation naturelle, les cours d’eau permanents et saisonniers, les sources d’eau et les chemins historiques ont été préservés. Les ressources archéologiques demeurent largement intactes, constituant un vaste réservoir de connaissances pour de futures recherches.
Éléments requis en matière de protection et de gestion
Tous les éléments constitutifs ont été inscrits sur la Liste des monuments nationaux, conformément à la législation en vigueur, et sont gérés, avec leurs zones tampons, par des réglementations spécifiques, propres à leur statut de patrimoine protégé. Le ministère iranien du Patrimoine culturel, du Tourisme et de l’Artisanat (IMCHTH) est responsable de leur étude, de leur conservation, de leur suivi et de leur gestion. Ces activités sont mises en œuvre par la Base de Recherche, qui est un centre multidisciplinaire déconcentré se référant à l’IMCHTH, et l’entité de gestion du bien. Le plan de gestion définit des objectifs de gestion et un plan d’action prévoyant des mesures de conservation à court, moyen et long terme afin de préserver les valeurs et conserver l’intégrité et l’authenticité du bien. Les systèmes juridiques et de gestion en vigueur garantissent la conservation à long-terme du bien et de son environnement immédiat et plus large, qui est important pour maintenir et comprendre la valeur universelle exceptionnelle du bien.
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