Ville historique d’Ayutthaya

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Fondée vers 1350, Ayutthaya devint la deuxième capitale siamoise après Sukhothaï. Elle fut détruite par les Birmans au XVIIIe siècle. Ses vestiges, caractérisés par les prangs, ou tours-reliquaires, et par des monastères aux proportions gigantesques, donnent une idée de sa splendeur passée.

Valeur universelle exceptionnelle de Ville historique d’Ayutthaya

Brève synthèse

La ville d’Ayutthaya, fondée en 1350, fut la deuxième capitale du royaume de Siam. Entre le XIVe et le XVIIIe siècles, cette cité florissante devint l’une des agglomérations les plus grandes et les plus cosmopolites du monde, ainsi qu’un centre mondial de la diplomatie et du commerce. Ayutthaya était construite sur une île entourée de trois fleuves la reliant à la mer, à un emplacement stratégique, au-dessus de la barre du golfe de Siam, qui la mettait à l’abri des attaques de navires de guerre étrangers. Cette position la protégeait également des inondations saisonnières.

La ville fut attaquée et rasée en 1767 par l’armée birmane, qui en chassa ses habitants. Elle ne fut jamais reconstruite au même endroit et ses ruines constituent aujourd’hui un vaste site archéologique.

Ce site inscrit au Patrimoine mondial se trouve sur le territoire du district de Phra Nakhon Si Ayutthaya, dans la province de Phra Nakhon Si Ayutthaya. Sa superficie est de 289 hectares.

Ancien centre urbain florissant, Ayutthaya présente aujourd’hui un ensemble de vestiges caractérisé par ses prangs (tours reliquaires) et ses monastères bouddhistes aux proportions gigantesques qui donnent une idée de la dimension passée de la ville et de la splendeur de son architecture.

Bien connu par les sources et cartes contemporaines, le plan d’Ayutthaya répondait à un strict quadrillage de routes et de canaux entouré de douves. Tirant parti de la situation de la ville an centre de trois fleuves, son réseau d’adduction d’eau unique au monde était d’une technologie très avancée.

Idéalement située en haut du golfe de Siam, à égale distance de l’Inde et de la Chine et suffisamment en amont pour résister aux puissances arabe et européenne alors en expansion dans la région, la ville était elle-même en train d’asseoir et d’étendre sa puissance en occupant le vide laissé par la chute d’Angkor. Elle devint ainsi un véritable centre économique et commercial à l’échelle régionale et mondiale, et une passerelle entre l’Orient et l’Occident. La cour royale d’Ayutthaya échangeait des ambassadeurs dans le monde entier, notamment à la Cour de Versailles en France et à la Cour Mughal à Dehli, comme avec les cours impériales de Japon et de Chine. Le gouvernement employait des étrangers et d’autres vivaient dans la ville à titre personnel. En aval du palais royal se trouvaient des enclaves de négociants et missionnaires étrangers, chaque bâtiment possédant son propre style architectural. Les influences étrangères étaient donc nombreuses dans la ville et les ruines d’Ayutthaya ont gardé la trace de cette diversité artistique et architectonique.

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L’école artistique d’Ayutthaya témoigne de l’ingéniosité et de la créativité de la civilisation locale mais aussi de sa capacité à assimiler une multitude d’empreintes étrangères. Les grands palais et monastères bouddhiques construits dans la capitale, par exemple le Wat Mahathat et le Wat Phra Si Sanphet, attestent d’une vitalité économique et de prouesses techniques en même temps qu’ils incarnent une tradition intellectuelle. La décoration de tous les bâtiments a fait appel aux meilleurs artisanats et arts muraux, mêlant de manière éclectique les styles traditionnels issus de Sukhothaï, hérités d’Angkor et empruntés aux XVIIe et XVIIIe siècles japonais, chinois, indien, perse et européen, expression riche et unique d’une culture cosmopolite à l’origine de la fusion des styles artistique et architectural de la future ère Rattanakosin et des époques qui suivront.

Lorsque la capitale du royaume restauré fut déplacée en aval et une nouvelle ville construite à Bangkok, c’est le modèle urbain et le style architectonique d’Ayutthaya que l’on chercha à reproduire. Beaucoup d’architectes et de maçons d’Ayutthaya travaillèrent alors à l’édification de la nouvelle capitale. Cette volonté de reproduction renvoie à la philosophie urbanistique des nombreuses villes du monde qui tendent à la perfection de la ville mythique d’Ayodhaya. En Thaïlande, le nom officiel de la capitale Bangkok contient encore l’appellation « Ayutthaya ».

Critère (iii) : La Ville historique d’Ayutthaya est un excellent témoignage du développement d’un véritable art national thaïlandais.

Intégrité

L’intégrité du bien, les vestiges de l’ancienne capitale siamoise, se mesure à la préservation des éléments matériels, en ruines ou reconstruits, caractéristiques de l’ancienne grande cité. Le premier en est la morphologie urbaine dont l’originalité est connue par les cartes de l’époque, réalisées par plusieurs des émissaires étrangers à la cour royale. Ces cartes révèlent un réseau recherché, mais systématique, de rues et de canaux quadrillant toute l’île et divisant l’espace urbain en zones strictement contrôlées, ayant leur propre usage et leur propre architecture. Le plan urbain de l’ensemble de l’île reste visible et intact, portant les vestiges de tous les grands temples et monuments identifiés sur les anciennes cartes. Partout où ces vestiges avaient été recouverts par des constructions après l’abandon de la ville, ils ont été mis à jour.

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Les vestiges des bâtiments les plus importants ont en outre été consolidés, réparés et parfois reconstruits.

Le périmètre du bien du Patrimoine mondial, correspondant à l’ancienne enceinte du palais royal et à ses environs immédiats, enserre ses lieux et monuments les plus importants et garantit la préservation de sa valeur universelle exceptionnelle. Des plans et contrôles complémentaires étaient initialement prévus pour la protection des monuments historiques restants ; cependant, la conjoncture économique et sociale justifie une extension du parc historique pour couvrir la totalité de l’île d’Ayutthaya, afin de protéger tous les monuments et lieux anciens connexes et renforcer ainsi l’intégrité du bien. Si l’on étend le périmètre actuel du bien pour inclure toute l’île d’Ayutthaya, ses limites coïncideront exactement avec celles de la ville historique.

Authenticité

La Ville historique d’Ayutthaya est bien connue par des documents historiques. Elle était l’une des plus vastes agglomérations urbaines de son temps ainsi qu’un grand centre politique, économique et religieux, et de nombreux visiteurs ont laissé des témoignages sur leur séjour. Par ailleurs, la cour royale du Siam tenait des registres méticuleux ; beaucoup ont été détruits dans le sac de la ville, mais certains ont été conservés et constituent une importante source d’authenticité. Il en est de même des œuvres d’art, fresques, sculptures et manuscrits sur feuilles de palmier qui ont survécu à cette période. Les fresques de la crypte du Wat Ratchaburana sont à cet égard remarquables.

Le soin porté à l’interprétation des vestiges à l’intention du public, dans un but éducatif, contribue également à l’authenticité du site.

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Eléments requis en matière de protection et de gestion

La Ville historique d’Ayutthaya est gérée en tant que parc historique, classée et protégée par la loi thaïlandaise sur les monuments anciens, les antiquités, les objets d’art et les musées nationaux, B.E. 2504 (1961), telle qu’amendée par la loi n° 2, B.E. 2535 (1992), mise en application par le Département des beaux-arts du Ministère de la Culture. D’autres lois relevant d’autres ministères s’appliquent également : Ratchaphatsadu Land Act (loi sur les propriétés de l’Etat), B.E. 2518 (1975), loi sur l’urbanisme, B.E. 2518 (1975), loi sur la qualité de l’environnement, B.E. 2535 (1992), loi sur les constructions, B.E. 2522 (1979) telle qu’amendée par la loi n° 2, B.E. 2535 (1992), ainsi que des arrêtés municipaux.

Outre ce cadre légal, le site a été doté d’un schéma directeur approuvé par le gouvernement. Des comités pour la protection et la mise en valeur de la Ville historique d’Ayutthaya ont été créés à l’échelon national et local, et l’on compte dans la société civile un certain nombre d’associations pour la conservation du patrimoine.

La conservation et la mise en valeur de la Ville historique d’Ayutthaya sont financées par des fonds gouvernementaux et privés.

Une extension du bien du patrimoine mondial est en préparation en vue d’englober tout le périmètre de la ville d’Ayutthaya telle qu’elle existait au XVIIIe siècle, alors l’une des plus grandes agglomérations urbaines du monde. Cette extension placera d’autres monuments anciens importants, actuellement non inclus dans le site, sous la protection et les conditions de gestion attachées au patrimoine mondial. Des normes pour limiter les constructions sur la zone concernée par l’extension sont également à l’étude afin de garantir le respect des valeurs et des intérêts de la Ville historique. De la sorte, tous les nouveaux développements dans la ville moderne d’Ayutthaya seront dirigés vers des zones en dehors du périmètre de la ville historique et du bien du patrimoine mondial.

© UNESCO https://whc.unesco.org/fr/list/576″>Le Centre du Patrimoine mondial. Tous droits réservés.

Mis à jour le 14 mars 2022 par Dico Voyage