Terres et mers australes françaises

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Les Terres et mers australes françaises englobent les plus grandes des rares terres émergées du sud de l’océan Indien : l’archipel Crozet, les îles Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam ainsi que 60 petits îlots situés dans la zone subantarctique. Cette « oasis » au cœur de l’océan Austral, qui couvre une superficie de plus de 67 millions d’hectares, abrite l’une des plus fortes concentrations d’oiseaux et de mammifères marins au monde. On y trouve notamment la plus grande population de manchots royaux et d’albatros de Carter au monde. Du fait de leur éloignement des centres d’activités humaines, ces îles sont des vitrines extrêmement bien préservées de l’évolution biologique, et elles constituent un terrain unique pour la recherche scientifique.

Valeur universelle exceptionnelle des terres et mers australes françaises

Brève synthèse

Situées entre les 37e et 50e parallèles sud, les « Terres et mers australes françaises » englobent les plus grandes des rares terres émergées du sud de l’océan Indien, comprenant l’archipel Crozet, des îles Kerguelen et des îles Saint-Paul et Amsterdam. Leurs caractéristiques océanographiques et géomorphologiques permettent une extrême productivité de leurs eaux, à la base d’un réseau trophique riche et diversifié. Cette « oasis » au cœur de l’océan austral abrite et entretient l’une des plus fortes concentrations et diversités d’oiseaux et de mammifères marins au monde. Les paysages volcaniques grandioses, qui hébergent cette nature sauvage et foisonnante, forgent le caractère sublime du bien.

Couvrant plus de 672 000 km2, l’immensité du bien permet à la fois une large représentativité de la biodiversité australe et la protection de l’ensemble des processus écologiques essentiels au maintien de ces espèces. À ce titre, le territoire joue un rôle clé pour la bonne santé des océans à l’échelle planétaire, en particulier pour la régulation du cycle carbone.

Du fait de leur éloignement des centres d’activités humaines, les Terres et mers australes françaises sont des vitrines de l’évolution biologique extrêmement préservées et constituent un territoire unique pour la recherche scientifique, notamment pour le suivi à long terme des populations d’oiseaux et de mammifères marins et pour l’étude des effets des changements globaux. Forte de ce patrimoine d’exception, la collectivité des TAAF, par le biais de la réserve naturelle et avec l’engagement de la communauté scientifique, a mis en place un système de gestion éprouvé et reconnu assurant son intégrité pour les générations futures.

Critère (vii) : Les Terres et mers australes françaises forment un des derniers lieux de « naturalité » au monde ayant conservé le caractère sauvage de son patrimoine naturel. Le phénomène de concentration d’oiseaux et de mammifères marins y est tout à fait unique dans la zone subantarctique, présentant d’immenses colonies où se mêlent harmonieusement une abondance d’espèces, d’ambiances sonores, de couleurs et d’odeurs. De la plus grande colonie de manchots royaux au monde sur l’île aux Cochons dans l’archipel Crozet à celle des albatros de Carter sur les falaises vertigineuses d’Entrecasteaux à l’île Amsterdam, en passant par la deuxième plus importante population mondiale d’éléphants de mer du sud sur la Péninsule Courbet à Kerguelen, cette nature foisonnante au cœur de paysages volcaniques grandioses renforce le caractère sublime du bien. Ces territoires emportent l’imaginaire et demeurent source d’inspiration pour tout un chacun.

Critère (ix) : Situées à la convergence de trois fronts océaniques et présentant de larges plateaux continentaux, les Terres et mers australes françaises sont des territoires extrêmement productifs au sein d’un océan relativement pauvre, permettant le développement d’un réseau trophique riche et diversifié.

L’immensité du bien, intégrant une des plus grandes aires marines protégées au monde, permet une large représentativité de la biodiversité australe et des processus écologiques en cours dans cet océan. Il assure la protection de l’ensemble des zones essentielles aux cycles de vie des espèces du territoire et garantit ainsi le maintien des fortes concentrations d’oiseaux et de mammifères marins. L’importance de ces zones de productivité primaire et leur rôle dans la régulation du cycle du carbone représentent une contribution essentielle pour la bonne santé des océans.

Isolées à des milliers de kilomètres de tout continent et préservées de l’impact des activités humaines, ces îles sont de véritables vitrines de l’évolution biologique et constituent des modèles d’études uniques pour le suivi des changements globaux.

Critère (x) : Site d’exception pour la conservation de l’avifaune mondiale, les Terres et mers australes françaises hébergent plus de 50 millions d’oiseaux issus de quelque 47 espèces. Pour 16 de ces espèces, près de la moitié de leur population mondiale se reproduit sur les îles. On y trouve notamment la plus grande population de manchots royaux et d’albatros de Carter au monde, ainsi que 8 espèces endémiques telles que l’emblématique albatros d’Amsterdam, l’un des oiseaux les plus rares de la planète.

Elles concentrent également de larges populations de pinnipèdes, dont la 2e plus grande au monde d’éléphants de mer du Sud et la 3e plus importante d’otaries à fourrure antarctique de la planète, mais aussi des cétacés, dont notamment le dauphin de Commerson sous-espèce endémique de Kerguelen.

La richesse et la diversité d’espèces des Terres et mers australes françaises, tout à fait unique dans l’océan austral, confère au bien une valeur universelle exceptionnelle.

Intégrité

Inhabités et préservés de l’impact direct des activités humaines, les écosystèmes des Terres et mers australes françaises abritent des fortes populations d’espèces indigènes au sein d’habitats quasi originels, ainsi que des processus écologiques complexes et intacts. L’immensité du bien, qui figure parmi les plus grandes aires marines protégées au monde avec plus de 672 000 km2, couvre l’ensemble des zones fonctionnelles essentielles au cycle de vie des espèces, assurant à long terme le maintien de leur richesse et de leur diversité. L’unité du bien est assurée par une importante connectivité écologique et un système de gestion commun. Garante de l’intégrité du bien, la réserve naturelle des Terres australes françaises met en œuvre des actions efficaces pour lutter contre les menaces telles que les espèces exotiques, la pêche ou les changements globaux, mais également des initiatives de restauration telles que la plantation de Phylica arborea (à l’île Amsterdam) ou le démantèlement d’anciennes structures. Aucun développement des activités humaines n’est prévu à moyen terme.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Le bien adhère à toutes les conventions internationales qui soutiennent la protection de sa biodiversité : la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction), la CMS (Convention sur les espèces migratrices), la CCAMLR (Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique), l’ACAP (Accord sur la conservation des albatros et des pétrels), la CBI (Commission baleinière internationale) et Ramsar (la réserve naturelle d’origine inscrite en 2006 est un Site Ramsar).

Classées en 2006 comme réserve naturelle nationale, puis étendues en 2016, sur plus de 672 000 km², les Terres et mers australes françaises bénéficient du plus fort niveau de protection existant dans la réglementation française. Depuis mars 2017, le cadre réglementaire et la gouvernance de la réserve naturelle sont également applicables à l’ensemble de la ZEE (Zone économique exclusive), sur plus de 1,66 million de km². Les activités humaines sont strictement interdites sur près d’un tiers du bien et réglementées avec obligation d’étude d’impact et accord du gestionnaire sur le reste du périmètre. L’ensemble des espèces d’oiseaux et mammifères marins est par ailleurs strictement protégé par la réglementation nationale et les conventions internationales.

La collectivité des TAAF, gestionnaire de la réserve naturelle, accompagné de son conseil de gestion et de son conseil scientifique, met en œuvre un système de gestion éprouvé et reconnu, basé sur un document d’objectif décennal, appelé le plan de gestion. Les menaces sont efficacement gérées, notamment par des mesures de régulation des espèces introduites ou la limitation des impacts environnementaux de la pêche. Le lien étroit entre science et gestion, assuré par des partenariats historiques avec les laboratoires scientifiques, au travers notamment de l’Institut Polaire français Paul Emile Victor (IPEV), permet au modèle de gestion de s’adapter aux changements globaux.

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Mis à jour le 13 mars 2022 par Dico Voyage