Sarazm
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Découvert en 1976 lors de travaux agricoles soviétiques, Sarazm a failli disparaître avant d’être fouillé.
Un site trouvé presque par accident
Sarazm se trouve dans la vallée du Zeravchan, au Tadjikistan, près de la ville de Pendjikent. Le site a été repéré en 1976, alors que des travaux de mise en culture menaçaient de niveler les buttes qui recouvraient les vestiges, sans que personne ne sache encore ce qu’elles cachaient. L’archéologue tadjik Abdullo Isakov a conduit les premières fouilles de sauvetage, révélant un habitat sédentaire bien plus ancien que ce qu’on connaissait jusque-là dans la région.
Un des plus anciens foyers sédentaires d’Asie centrale
Le nom Sarazm signifie « le commencement de la terre ». Le site a été occupé du IVe millénaire à la fin du IIIe millénaire avant notre ère, ce qui en fait l’un des plus anciens centres de peuplement sédentaire connus en Asie centrale. Sa position, entre une zone montagneuse propice à l’élevage nomade et une large vallée favorable à l’agriculture irriguée, explique sans doute sa longévité : les habitants avaient accès aux deux ressources sans dépendre d’un seul type de terrain.
Un carrefour commercial jusqu’à l’océan Indien
Les fouilles ont mis au jour des objets qui n’ont aucune origine locale : du lapis-lazuli, de la turquoise et des métaux qui n’existent pas dans la vallée du Zeravchan. Ces matériaux montrent que Sarazm échangeait avec des populations éloignées, des steppes d’Asie centrale et du Turkménistan jusqu’au plateau iranien, à la vallée de l’Indus et, plus loin encore, jusqu’à l’océan Indien. C’est un des arguments qui a pesé dans l’inscription du site au patrimoine mondial, en 2010, au titre du critère (ii), pour l’ampleur de ces échanges, et du critère (iii), pour le témoignage qu’ils apportent sur les débuts de l’urbanisation en Asie centrale.
Une architecture de terre crue, donc fragile
Les bâtiments de Sarazm, comme la plupart des constructions de cette période en Asie centrale, sont en briques crues et en pisé. Ce choix de matériau, économique et adapté au climat, rend les vestiges particulièrement sensibles à l’érosion une fois mis au jour : la pluie et le vent attaquent les murs bien plus vite qu’une construction en pierre. La conservation du site tient donc à un équilibre délicat entre le besoin de creuser pour comprendre l’occupation ancienne et le risque d’exposer des structures qui se dégradent dès qu’elles quittent le sol qui les protégeait.
Où en est la conservation aujourd’hui
Le site reste vulnérable. Les zones fouillées, une fois ouvertes à l’air libre, ont besoin d’abris et d’un entretien régulier pour ne pas se dissoudre sous les intempéries, ce qui coûte plus cher qu’on ne l’imagine pour un site archéologique isolé. La pression agricole autour de Sarazm reste par ailleurs réelle, dans une vallée où chaque parcelle irrigable a de la valeur pour les habitants voisins. La gestion du site cherche un compromis entre protection stricte du périmètre archéologique et vie quotidienne de la région.
Sources et crédits
Cette notice reprend les grandes lignes des fiches signalétiques que l’UNESCO publie en plusieurs langues pour ce site, sous licence CC-BY-SA IGO 3.0, CC-BY-SA IGO 3.0, CC-BY-SA IGO 3.0, CC-BY-SA IGO 3.0, CC-BY-SA IGO 3.0 et CC-BY-SA IGO 3.0, complétées par les traductions publiées par NFUAJ et unesco.nl.
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