Mbanza Kongo, vestiges de la capitale de l'ancien Royaume du Kongo

Ruines en pierre taillée d'une église portugaise à Mbanza Kongo, entourées de hautes herbes
Sommaire6 sections
  1. 01Deux techniques de construction visibles côte à côte
  2. 02La cathédrale de Kulumbimbi, la pierre la plus ancienne du site
  3. 03Le collège jésuite et la première langue africaine imprimée
  4. 04Le tribunal coutumier, une fonction toujours vivante
  5. 05Ce que le site ne montre pas encore
  6. 06Un plan de gestion daté et une piste d'aviation en cours de démontage

Sur le site de Mbanza Kongo, en Angola, la pierre taillée des églises portugaises côtoie encore la terre et le bois des constructions kongo d'origine.

Deux techniques de construction visibles côte à côte

Mbanza Kongo occupe un plateau à 570 mètres d'altitude, dans la province angolaise du Zaïre, tout près de la frontière avec la République démocratique du Congo. La ville fut, du XIVe au XIXe siècle, la capitale politique et spirituelle du Royaume du Kongo. Ce qui frappe sur place, c'est la coexistence de deux savoir-faire : l'architecture kongo, construite en matériaux locaux, terre et bois, adaptée à un climat tropical et pensée pour durer une génération plutôt qu'un siècle, et la maçonnerie de pierre importée par les Portugais à partir du XVe siècle, destinée aux églises et aux bâtiments religieux.

La cathédrale de Kulumbimbi, la pierre la plus ancienne du site

Les vestiges de l'ancienne cathédrale, connue localement sous le nom de Kulumbimbi, forment l'ensemble en pierre le plus ancien et le mieux conservé. Sa construction associe la taille de pierre européenne à une mise en œuvre locale, faute d'un apport massif de main-d'œuvre portugaise sur place. C'est devant cet édifice, déjà debout, qu'en 1608 le pape a accrédité à Rome le premier ambassadeur d'un État d'Afrique subsaharienne auprès du Vatican, geste diplomatique qui donne la mesure du rang que tenait alors le royaume dans les relations avec l'Europe chrétienne.

Le collège jésuite et la première langue africaine imprimée

Un peu plus loin sur le site se trouvaient les bâtiments du collège jésuite. On y a rédigé, en 1624, le premier catéchisme écrit en langue kikongo, destiné à diffuser le christianisme à travers le royaume dans la langue de ses habitants plutôt qu'en portugais. La démarche est rare pour l'époque : ailleurs en Afrique, l'évangélisation passait presque toujours par la langue du colonisateur.

Le tribunal coutumier, une fonction toujours vivante

Le tribunal coutumier, garant traditionnel de la gestion des conflits sous l'autorité royale, a été réinstallé sur son emplacement d'origine après quatre décennies de guerre civile en Angola. Ce n'est pas une reconstitution pour touristes : la fonction rituelle du lieu a repris, portée par des gardiens de tradition qui perpétuent le prestige attaché aux anciens rois du Kongo. C'est un des rares endroits du site où l'histoire ne se lit pas seulement dans la pierre.

Ce que le site ne montre pas encore

Le Royaume du Kongo a été au centre du plus grand trafic d'esclaves de l'histoire vers les Amériques et les Caraïbes. Sur ce chapitre pourtant central de son histoire, aucun vestige matériel n'est aujourd'hui identifié sur le site de Mbanza Kongo lui-même : la mémoire de la traite s'y transmet par les textes et la tradition orale, pas par des bâtiments désignés.

Un plan de gestion daté et une piste d'aviation en cours de démontage

La zone tampon du site a longtemps compté une piste d'aviation construite par les Portugais dans l'entre-deux-guerres, aujourd'hui très peu utilisée. Son démontage a été confirmé par l'État angolais, avec un nouveau site d'aéroport choisi hors de la ville. La protection légale du bien s'appuie sur la Constitution angolaise de 2010, complétée par un décret de 2014 fixant les limites du site et de sa zone tampon, puis par un plan de gestion couvrant la période 2016-2020, en particulier pour les travaux de conservation de la cathédrale de Kulumbimbi.

La description officielle du bien, publiée par le Centre du patrimoine mondial, existe en plusieurs langues sous la même licence libre : CC-BY-SA IGO 3.0 pour la version anglaise, CC-BY-SA IGO 3.0 pour la version française et CC-BY-SA IGO 3.0 pour la version espagnole. Une présentation complémentaire en néerlandais est disponible sur unesco.nl.

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