Vallée du M'Zab

d'ensemble sur un ksar de la vallée du M'Zab, maisons en terre ocre et
Sommaire7 sections
  1. 01Comment on y va concrètement
  2. 02Cinq villes, une même logique défensive
  3. 03Ghardaïa, la ville la plus accessible
  4. 04Béni-Isguen, une ville qui reste en partie fermée
  5. 05Ce qui menace la vallée aujourd’hui
  6. 06Ce qui se visite vraiment, en dehors des remparts
  7. 07Une architecture qui a inspiré des urbanistes du vingtième siècle

La vallée du M’Zab se trouve à environ 600 km au sud d’Alger, en plein désert, dans la wilaya de Ghardaïa.

Comment on y va concrètement

Deux options existent pour rejoindre la vallée du M’Zab depuis Alger : la route, environ 600 km et une bonne journée de trajet en voiture ou en bus, ou l’avion, avec des vols intérieurs réguliers vers l’aéroport de Ghardaïa. La route traverse les hauts plateaux avant de descendre vers le Sahara septentrional, un trajet qui donne déjà une idée du contraste entre l’aridité du désert et les cinq villes qui apparaissent, groupées, au fond de la vallée.

Cinq villes, une même logique défensive

La vallée du M’Zab regroupe cinq ksour, ou villages fortifiés : El-Atteuf, Bounoura, Melika, Ghardaïa et Béni-Isguen, fondés entre 1012 et 1350 par des Ibadites berbères venus s’installer dans cette région hostile pour y pratiquer leur foi à l’écart des persécutions. Chaque ksar s’organise en cercles concentriques autour d’une mosquée centrale, dont le minaret sert aussi de tour de guet. La mosquée elle-même faisait fonction de dernier refuge en cas de siège, avec un silo à grains et une réserve d’armes.

Ghardaïa, la ville la plus accessible

Ghardaïa, chef-lieu de la wilaya du même nom, est la ville la plus simple à visiter librement : son marché, ses ruelles et sa place principale se parcourent sans contrainte particulière. C’est aussi le point de chute logique pour organiser la suite du séjour, avec la majorité des hébergements et des liaisons de transport vers les autres ksour.

Béni-Isguen, une ville qui reste en partie fermée

Béni-Isguen fonctionne différemment. Une partie de la ville reste réservée à ses habitants, et un visiteur ne s’y déplace en général qu’accompagné d’un guide local, qui connaît les zones ouvertes au public et celles qui ne le sont pas. Cette fermeture partielle n’est pas un folklore mis en scène pour les touristes : elle prolonge une organisation sociale pensée, dès l’origine, pour préserver l’intimité des familles à l’intérieur des remparts.

Ce qui menace la vallée aujourd’hui

La croissance urbaine et démographique s’est fortement accélérée depuis le début des années 1980, en partie parce que la vallée occupe une position stratégique entre le nord et le sud du pays. Cette pression touche en particulier les palmeraies qui entourent les ksour et les zones inondables proches de l’oued, deux espaces sensibles pour l’équilibre du site. Un plan de sauvegarde, porté par l’Office de protection et de promotion de la vallée du M’Zab, encadre depuis plusieurs années les constructions nouvelles pour limiter cet empiètement.

Ce qui se visite vraiment, en dehors des remparts

Au-delà des cinq ksour, les palmeraies elles-mêmes se visitent, notamment celles qui entourent El-Atteuf, où des installations traditionnelles de captage et de répartition de l’eau restent en fonctionnement. Ces palmeraies servaient historiquement de résidence d’été aux familles des ksour, une fois la chaleur retombée en fin de journée, une organisation saisonnière qui explique une partie de l’urbanisme très dense observé à l’intérieur des remparts.

Une architecture qui a inspiré des urbanistes du vingtième siècle

Les cubes blancs, l’absence d’ornement et la logique de cercles concentriques du M’Zab ont marqué plusieurs architectes venus étudier la vallée, en particulier Le Corbusier et Fernand Pouillon, qui y ont vu un modèle d’adaptation au climat et à la vie collective. Cette influence explique pourquoi certains guides mentionnent Ghardaïa au détour d’une histoire de l’architecture moderne, alors que le lieu lui-même a près de mille ans.

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