Île sacrée d’Okinoshima et sites associés dans la région de Munakata

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Sacred Island of Okinoshima and Associated Sites in the Munakata Region

Located 60 km off the western coast of Kyushu island, the island of Okinoshima is an exceptional example of the tradition of worship of a sacred island. The archaeological sites that have been preserved on the island are virtually intact, and provide a chronological record of how the rituals performed there changed from the 4th to the 9th centuries AD. In these rituals, votive objects were deposited as offerings at different sites on the island. Many of them are of exquisite workmanship and had been brought from overseas, providing evidence of intense exchanges between the Japanese archipelago, the Korean Peninsula and the Asian continent. Integrated within the Grand Shrine of Munakata, the island of Okinoshima is considered sacred to this day.

La description est disponible sous licence CC-BY-SA IGO 3.0

Île sacrée d’Okinoshima et sites associés dans la région de Munakata

Située à 60 km de la côte ouest de l’île de Kyushu, l’île d’Okinoshima est un exemple exceptionnel de la tradition de culte rendu à une île sacrée. Les sites archéologiques qui ont été préservés sur l’île sont pratiquement intacts et offrent une image chronologique de la manière dont les rituels pratiqués ont évolué du IVe au IXe siècle de notre ère. Au cours de ces rituels, des objets votifs étaient déposés comme offrandes en différents points de l’île. Beaucoup d’entre eux sont d’une exécution raffinée et viennent d’au-delà des mers, témoignant des échanges intenses entre l’archipel japonais, la péninsule coréenne et le continent asiatique. Intégrée dans le grand sanctuaire de Munakata, l’île d’Okinoshima est toujours considérée comme sacrée.

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Isla sagrada de Okinoshima y sitios asociados de la región de Munakata

Situado a unos 60 km de la costa occidental de la isla de Kyushu, el sitio de Okinoshima es un ejemplo excepcional de la práctica ancestral de venerar islas consideradas sagradas. Los vestigios arqueológicos de esta pequeña isla se han conservado prácticamente intactos y ofrecen una visión cronológica de la evolución de los ritos religiosos practicados en ella desde el siglo IV al IX de nuestra era. Durante las ceremonias celebradas, se depositaban en ofrenda objetos votivos en distintos parajes de la isla. La primorosa ejecución de muchos de esos objetos y su procedencia ultramarina atestiguan la existencia de intercambios intensos entre el archipiélago japonés, la península coreana y el continente asiático. Perteneciente al gran santuario de Munakata, la isla de Okinoshima se sigue considerando sagrada.

source: UNESCO/ERI
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Het heilige eiland Okinoshima en de geassocieerde sites in de Munakata regio

Het eiland Okinoshima ligt zo’n 60 kilometer van de westkust van het eiland Kyushu en is een uitstekend voorbeeld van de traditie van aanbidding van een heilig eiland. De archeologische sites die op het eiland zijn bewaard zijn vrijwel intact en leveren een chronologisch overzicht van de rituelen die op het eiland werden uitgevoerd van de vierde tot de negende eeuw na Christus. Tijdens deze rituelen werden offergaven op diverse plaatsen op het eiland achtergelaten. Veel objecten zijn met buitengewoon vakmanschap vervaardigd en kwamen van overzee. Ze getuigen van de intensieve relaties die het Japanse eilandenrijk onderhield met het Koreaanse schiereiland en het Aziatische continent. Het eiland van Okinoshima is een integraal onderdeel van het grote heiligdom van Munakata en wordt nog altijd als heilig beschouwd.

Source : unesco.nl

Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Située à 60 km au large de la côte nord-ouest de l’île de Kyushu, l’île d’Okinoshima est un lieu exceptionnel dépositaire d’informations relatives aux premiers sites rituels attestant d’anciennes pratiques de vénération liées à la sécurité en mer qui émergèrent au IVe siècle de notre ère et perdurèrent jusqu’à la fin du IXe siècle, dans une période d’intenses échanges entre les entités politiques de l’archipel japonais, de la péninsule coréenne et du continent asiatique. Intégrée dans le grand sanctuaire de Munakata (Munakata Taisha), l’île d’Okinoshima est restée considérée comme sacrée au cours des siècles suivants jusqu’à nos jours.

La totalité de l’île d’Okinoshima, avec ses caractéristiques géomorphologiques, les sites rituels aux riches gisements archéologiques et la profusion d’offrandes votives dans leur disposition d’origine, reflètent de manière crédible 500 ans de pratiques rituelles qui se sont déroulées sur l’île ; la forêt primaire, les îlots voisins de Koyajima, Mikadobashira et Tenguiwa, tout comme les pratiques votives documentées et les tabous associés à l’île, les vues ouvertes sur l’île depuis Kyushu et Oshima, reflètent dans leur ensemble de manière crédible que la vénération de l’île, malgré les changements survenus au fil des siècles dans ses pratiques et ses significations, dus aux échanges extérieurs et à l’indigénisation, a préservé le caractère sacré d’Okinoshima.

Munakata Taisha est un sanctuaire qui compte trois lieux de culte distincts : Okitsu-miya sur l’île d’Okinoshima, Nakatsu-miya sur l’île d’Oshima et Hetsu-miya sur l’île principale de Kyushu, tous situés dans un rayon d’une soixantaine de kilomètres les uns des autres. Ce sont des lieux de culte vivants qui sont reliés à d’anciens sites rituels. La forme d’adoration des trois divinités féminines de Munakata s’est transmise jusqu’à nos jours à travers des rituels principalement exécutés dans les édifices du sanctuaire et sauvegardés par la population de la région de Munakata. Okitsu-miya Yohaisho, élevé sur la côte nord d’Oshima, a servi de lieu de culte voué au-delà des mers à l’île sacrée. Le groupe de tertres funéraires de Shimbaru-Nuyama élevé sur un plateau qui surplombe la mer en direction d’Okinoshima, se compose de grands et de petits tumulus témoignant de la vie des membres du clan Munakata animés par une tradition de culte à Okinoshima.

Critère (ii) : L’île sacrée d’Okinoshima révèle d’importantes interactions et échanges entre les diverses entités politiques d’Asie de l’Est entre le IVe et le IXe siècle, ce dont témoignent les abondantes découvertes et objets d’origine variée déposés en plusieurs endroits de l’île où se déroulaient des rituels consacrés à la sécurité de la navigation. Les changements survenus dans la répartition des objets et l’organisation du site témoignent d’évolutions dans les rituels qui reflètent, à leur tour, la nature du processus d’échanges dynamiques qui se sont établis durant ces siècles où les entités politiques basées sur le continent asiatique, la péninsule coréenne et l’archipel japonais développèrent un sentiment d’identité, et qui ont largement contribué à la formation de la culture japonaise.

Critère (iii) : L’île sacrée d’Okinoshima est un exemple exceptionnel de la tradition culturelle de vénération d’une île sacrée qui a évolué et s’est transmise depuis les temps anciens jusqu’à ce jour. Force est constater que les sites archéologiques qui ont été préservés sur l’île sont quasiment intacts et offrent une image chronologique de la manière dont les rituels pratiqués sur les lieux ont évolué sur une période d’environ cinq cents ans, de la seconde moitié du IVe siècle à la fin du IXe siècle. Dans ces rituels, de vastes quantités d’objets votifs précieux étaient déposés en offrandes en divers endroits de l’île, témoignant ainsi de changements dans les rituels. Bien que les offrandes directes sur l’île d’Okinoshima aient cessé au IXe siècle, la vénération de l’île s’est maintenue sous la forme d’un culte dédié aux trois déesses de Munakata dans les trois lieux distincts de Munakata Taisha : Okitsu-miya à Okinoshima, Nakatsu-miya à Oshima et Hetsu-miya, ainsi que d’un « culte à distance » illustré à travers la vue panoramique d’Okinoshima observée depuis Oshima et l’île principale de Kyushu.

Intégrité

L’île sacrée d’Okinoshima, avec les sept autres composantes, comprend tous les attributs nécessaires à l’illustration des valeurs et des processus exprimant sa valeur universelle exceptionnelle. Le bien assure la représentation complète des caractéristiques qui l’illustrent comme témoignage d’une tradition de vénération d’une île sacrée pour la protection de la navigation, ayant émergé durant une période d’échanges maritimes intenses qui s’est poursuivie sous la forme d’un culte aux trois divinités féminines de Munakata. Cette pratique s’est perpétuée jusqu’à ce jour à travers des changements dans les pratiques rituelles et les significations mais tout en continuant à préserver le caractère sacré d’Okinoshima. Le bien est en bon état ; il ne souffre d’aucune négligence et est correctement géré, bien qu’il soit nécessaire d’accorder une attention particulière aux impacts potentiels des infrastructures en mer et du trafic accru des bateaux de croisière.

Authenticité

Un nombre important de fouilles et de recherches archéologiques menées sur l’île d’Okinoshima témoigne de manière crédible de la valeur universelle exceptionnelle du bien ; l’emplacement inchangé des sites rituels, leur répartition et les dépôts intacts et toujours abondants d’offrandes votives offrent des possibilités de futures recherches et une meilleure compréhension des valeurs du bien. Les restrictions et les tabous existants contribuent à préserver l’aura de l’île en tant que lieu sacré. La poursuite des travaux de recherche sur les trois îles et sur les routes maritimes du Japon et des pays voisins soutiendra la pleine expression de l’authenticité du bien.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Le bien bénéficie d’une protection juridique au niveau national au titre de plusieurs lois, désignations et instruments de planification ; la protection est aussi garantie par des pratiques traditionnelles, sous forme de restriction d’usage et de tabous qui ont prouvé leur efficacité au fil du temps jusqu’à ce jour.

Le système de gestion prévoit un organe de gestion central, le Conseil d’utilisation et de préservation, qui compte des représentants des villes de Munakata et de Fukutsu, et de la préfecture de Fukuoka. Le Conseil est chargé de la coordination et de la responsabilité de mise en œuvre du « Plan de gestion et de préservation » qui comprend quatre plans de gestion individuels couvrant les différentes parties du bien ainsi que la zone tampon. Des mécanismes visant à intégrer une démarche d’évaluation d’impact sur le patrimoine dans le système de gestion viendront en renforcer l’efficacité. Afin d’assurer une coordination et une mise en œuvre intégrales des travaux de gestion, les propriétaires du bien doivent s’impliquer dans le Conseil ; les représentants des habitants de la zone tampon et des entreprises locales veilleront à coordonner les actions et à collaborer avec le Conseil d’utilisation et de préservation. L’Agence nationale des Affaires culturelles propose des orientations et des conseils, ainsi qu’un comité consultatif ad hoc. Les petites réparations et l’entretien quotidien sont confiés à des artisans de la communauté locale qui appliquent des méthodes transmises de génération en génération.

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