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Peintures pariétales de la grotte de Shulgan-Tash

Brève synthèse

Les Peintures pariétales de la grotte de Shulgan-Tash, grotte également connue sous le nom de Kapova, sont situées sur les contreforts occidentaux de l’Oural méridional, dans le district de Burzyansky de la République du Bachkortostan, sous une formation karstique bordée par la rivière Belaya et par le canyon de la rivière Shulgan. Le bien comprend de grandes salles, des galeries, des passages escarpés et des siphons interconnectés ainsi qu’une importante collection de peintures pariétales datant du Paléolithique supérieur dans la zone aphotique de la grotte.

Les peintures pariétales se trouvent dans plusieurs salles à différents niveaux et représentent essentiellement la faune caractéristique de l’écosystème de la steppe : des mammouths, des rhinocéros laineux, des bisons, des chevaux, et une image complète d’un chameau de Bactriane – ainsi que des représentations anthropomorphiques, des signes abstraits et des figures géométriques, y compris les « trapèzes de Kapova » qui sont bien connus. Ces peintures pariétales ont été réalisées à l’époque du dernier maximum glaciaire et au début de la période de déglaciation, entre 20 600 et 16 500 ans calibrés BP. Le climat de l’Oural méridional était rigoureux et la température de la grotte était constamment inférieure à 0°C, ce qui rendait la production de peintures très difficile par rapport à d’autres grottes connues pour abriter de l’art paléolithique.

Les peintures pariétales témoignent de manière extraordinaire des similitudes dans les perceptions que les humains avaient du monde et des phénomènes extérieurs pendant la période du Pléistocène supérieur de l’Europe occidentale à l’Oural. Les spécificités de ces peintures suggèrent également l’existence d’un centre culturel ancien dans l’Oural méridional pendant la période du Paléolithique. Elles offrent un aperçu des pratiques domestiques et symboliques distinctes mais aussi partagées dans une grande partie de l’Europe. En outre, les découvertes archéologiques et les spéléothèmes offrent des témoignages rares et exceptionnels du processus artistique et des activités domestiques effectuées par les hommes du Paléolithique supérieur dans la grotte de Shulgan-Tash. Le bien ouvre de larges perspectives pour la recherche future et pour l’avancement des connaissances sur les outils de production de l’art pariétal, les représentations et les peintures dans la grotte.

L’environnement forestier immédiat et plus large est essentiellement intact, sans impact de l’urbanisation, et contribue à la compréhension de la valeur universelle exceptionnel du bien.

Critère (iii) : Les Peintures pariétales de la grotte de Shulgan-Tash offrent un témoignage exceptionnel des pratiques culturelles et domestiques des habitants de l’Oural méridional au Paléolithique supérieur. Les nombreuses peintures réalisées sur les parois et les précieux vestiges archéologiques trouvés dans les strates culturelles des sédiments de la grotte offrent d’importantes perspectives comparatives et différentielles sur les pratiques domestiques et culturelles à travers de vastes territoires de l’Europe, soulignant à la fois les éléments communs et distinctifs dans l’utilisation des grottes et de la production d’art pariétal.

Les découvertes paléontologiques, les spores et le pollen, le charbon et les stalactites reflètent les contextes temporel, climatique et environnemental de l’occupation humaine des grottes durant l’ère paléolithique. Les peintures pariétales et d’autres preuves d’activités non-utilitaires fournissent des informations supplémentaires sur le contexte culturel et anthropologique.

Le bien présente un important potentiel pour de futures recherches et la production de nouvelles connaissances.

Intégrité

L’intégrité du bien dépend de la préservation du système karstique et de la stabilité de ses paramètres. Les facteurs géologiques, géochimiques et microclimatiques des parties profondes de la grotte semblent stables, garantissant la préservation à long terme des peintures pariétales et des sédiments meubles contenant des vestiges archéologiques. Bien que certaines peintures aient souffert de contamination et de vandalisme par des graffiti survenus lors des premières explorations de la grotte, le bien n’a pas tardé à être protégé par l’État partie. Les attributs sont donc conservés de manière appropriée et transmettent la valeur universelle exceptionnelle du bien ; ils ne sont pas menacés de dégradation naturelle ou de négligence.

Les facteurs affectant le bien sont essentiellement liés aux habitations et aux activités agricoles dans la zone tampon. Ces risques sont considérés comme faibles et font l’objet d’un étroit suivi. Toutefois, les impacts causés dans la partie intérieure de la grotte du fait de l’augmentation du nombre de visiteurs dans sa partie extérieure nécessitent un suivi constant et des mesures de correction rapides si nécessaire.

Le caractère quasi-intact de l’environnement rural isolé du bien doit être préservé.

Authenticité

L’authenticité du bien dépend des nombreuses peintures réalisées sur les parois de la grotte dépeignant la faune du Pléistocène supérieur (mammouth, rhinocéros, bison, cheval, chameau), ainsi que des vestiges archéologiques trouvés dans les sédiments. Les peintures ont été datées par datation à l’uranium-thorium et ont plus de 14 500 ans. La datation au carbone 14 a permis de déterminer l’âge de la couche culturelle qui est estimée entre 20 600 et 16 500 ans calibrés BP. Cet ensemble complet de données et d’objets, qui attribue sans équivoque les peintures de Shulgan-Tash à l’aire du Paléolithique supérieur, est authentique par ses matériaux et sa substance. Les vestiges paléontologiques tels que les spores et le pollen, le charbon et les stalactites reflètent le contexte temporel, climatique et environnemental de l’occupation humaine des grottes au Paléolithique.

Éléments requis en matière de protection et de gestion

Le bien est protégé en tant que site patrimonial culturel fédéral depuis 1960. La protection et la gestion du patrimoine culturel relève de la loi fédérale n° 73 datée du 25 juin 2002. Le bien, la zone tampon et l’environnement plus large bénéficient d’un surcroît de protection grâce à la désignation de ce territoire en tant que Réserve de biosphère naturelle d’État de Shulgan-Tash et Réserve de faune sauvage d’Altyn-Solok, qui font toutes deux partie de la Réserve de biosphère des Monts Bachkir Oural de l’UNESCO et du parc national de Bashkirya. Le bien et sa zone tampon sont inclus dans le site patrimonial culturel du Territoire de l’Oural-Batyr. Ce territoire est soumis à une réglementation d’urbanisme spéciale qui limite les activités économiques afin de préserver les monuments naturels, historiques et culturels.

Le ministère de la Culture de la Fédération de Russie, le Département de la protection nationale des sites patrimoniaux culturels de la République du Bachkortostan, le ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement de la Fédération de Russie, et le ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement de la République du Bachkortostan assurent la protection, le financement, le contrôle, la planification et la gestion du bien et de sa zone tampon. Le musée-réserve Historique et Culturel de la grotte de Shulgan-Tash est la principale entité de gestion du bien et de ses environs et la Réserve de biosphère naturelle d’État de Shulgan-Tash assume la responsabilité de gestion de la Réserve de biosphère et d’une partie de la zone tampon.

La grotte revêt une importance sacrée pour le peuple autochtone bachkir. Une surveillance attentive de la part de la population locale offre une protection supplémentaire au bien. La coordination et la coopération entre toutes les entités responsables, y compris les autorités locales, via une gouvernance collégiale et un cadre de gestion, sont essentielles pour assurer une protection, une planification et une gestion efficaces du bien, de sa zone tampon et de son environnement plus large.

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