Parc de la zone humide d’iSimangaliso

Destination le parc de la zone humide d’iSimangaliso

Les processus fluviaux, marins et éoliens permanents sur ce site ont créé un relief très varié avec des récifs coralliens, de longues plages de sable, des dunes côtières, des systèmes lacustres, des marais et des zones humides à papyrus et roseaux. L’hétérogénéité environnementale du parc – encore accentuée par des crues importantes et des tempêtes côtières – et sa localisation dans une zone de transition entre l’Afrique subtropicale et l’Afrique tropicale expliquent sa diversité spécifique exceptionnelle et la spéciation qui continue. La mosaïque de reliefs et de types d’habitat crée des panoramas uniques au monde. Le site constitue un habitat d’importance essentielle pour une multitude d’espèces des milieux marins, dépendant des zones humides et de savane d’Afrique.

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Valeur universelle exceptionnelle

Brève synthèse

Le Parc de la zone humide d’iSimangaliso est l’une des zones humides naturelles et l’un des sites côtiers les plus remarquables d’Afrique. Couvrant une superficie de 239 566 ha, il présente une grande diversité de milieux marins, côtiers, estuariens, terrestres et de zones humides d’origine qui offrent un panorama d’une grande beauté et n’ont quasiment pas été modifiés par l’homme. On y trouve des récifs coralliens, de longues plages de sable, des dunes côtières, des systèmes lacustres, des marais et des zones humides à papyrus et roseaux, constituant un habitat d’importance essentielle pour une multitude d’espèces des milieux marins, dépendant des zones humides et de savane d’Afrique. L’interaction de ces milieux avec des crues importantes et des tempêtes côtières et la localisation du parc dans une zone de transition expliquent la spéciation qui continue et l’exceptionnelle diversité des espèces. Parmi ses spectacles naturels vivants figure celui des tortues qui viennent pondre sur les plages et les importantes agrégations de flamants et d’autres oiseaux d’eau.

Critère (vii) : iSimangaliso est géographiquement très varié, avec des panoramas exceptionnels le long de ses 220 km de littoral. Eaux claires de l’océan Indien, immenses plages de sable largement inexploitées, cordon dunaire boisé et mosaïque de zones humides, prairies, forêts, lacs et savanes sont autant d’atouts qui donnent au parc des qualités esthétiques exceptionnelles. Trois phénomènes naturels passent pour être exceptionnels. Le premier est la salinité variable enregistrée dans le lac Sainte-Lucie, qui est liée aux cycles climatiques sec et humide : le lac réagit en conséquence et son profil de salinité oscille ainsi entre faiblement salin et hypersalin. Le deuxième est le spectacle des nombreuses tortues qui viennent pondre sur les plages, l’abondance des dauphins et la migration des baleines et des requins-baleines au large. Le troisième, enfin, est le nombre impressionnant d’oiseaux d’eau et les importantes colonies reproductrices de pélicans, de cigognes, de hérons et de sternes qui contribuent à animer le paysage sauvage du site.

Critère (ix) : La conjugaison des processus fluviaux, marins et éoliens qui ont commencé au début du Pléistocène à iSimangaliso a créé un relief très varié et se poursuit aujourd’hui. L’emplacement géographique du parc, dans une zone de transition entre l’Afrique subtropicale et l’Afrique tropicale, ainsi que sa situation côtière expliquent son exceptionnelle diversité d’espèces. Les phénomènes de spéciation qui ont eu lieu par le passé dans le centre d’endémisme du Maputuland et se poursuivent aujourd’hui, contribuent à la diversité et à l’interaction entre les processus évolutifs à l’œuvre à iSimangaliso. Dans la partie marine du site, les sédiments transportés par le courant Agulhas se déposent dans les canyons sous-marins du plateau continental, ce qui explique la limpidité exceptionnelle de l’eau, propice au développement des récifs coralliens. L’effet de cette hétérogénéité environnementale est encore compliqué par des crues importantes et des tempêtes côtières, phénomènes récurrents à iSimangaliso. Le site est aussi suffisamment vaste et présente la plupart des éléments clés qui sont essentiels au fonctionnement à long terme des écosystèmes.

Critère (x) : Les cinq écosystèmes interdépendants qu’on distingue à iSimangaliso offrent un habitat pour une remarquable diversité du biote africain, dont un grand nombre d’espèces endémiques et/ou menacées. Les listes d’espèces répertoriées à iSimangaliso sont les plus longues de la région et les effectifs de la plupart d’entre elles sont viables. Sur les quelque 6 500 espèces végétales et animales (dont 521 oiseaux) répertoriées dans le Parc, les populations d’espèces importantes en termes de conservation comprennent 11 espèces endémiques au parc, 108 espèces endémiques à l’Afrique du Sud, tandis que 467 espèces figurent sur la liste des espèces menacées en Afrique du Sud. L’exceptionnelle diversité d’habitats (terrestre, en zone humide, côtier et aquatique) maintient une grande variété d’espèces animales, quelques-unes à la limite septentrionale et beaucoup à la limite méridionale de leur aire de répartition.

Intégrité

Le bien est constitué de 13 unités de conservation, distinctes mais contiguës, qui représentent au total 239 566 ha, dont 85 000 ha de réserves marines. L’histoire de sa conservation remonte à 1895 avec la création des premières réserves par le Gouvernement du Zululand et le rejet ultérieur des projets d’exploitation du sable pour l’extraction de titane. Les questions qui continuent à se poser en termes d’intégrité concernent la protection du bassin versant et le développement régional (détournement des eaux en amont, pratiques agricoles et construction routière), les revendications foncières (qui pourraient entraîner une modification des limites), le prélèvement de ressources et les questions liées aux communautés locales, et la restauration des habitats dégradés. Un système de gestion unifié a également été exigé pour les 13 composantes du bien. 

Le parc est inhabité à l’exception de six petites agglomérations dans la réserve littorale forestière de la baie de Kosi (indiquer le nombre d’habitants). Il y a aussi deux villages (Makakatana et St Lucia Estuary) qui sont des enclaves établies dans l’enceinte du parc mais n’en font pas partie. Environ 100 000 personnes appartenant à 48 groupes tribaux vivent dans les villages aux alentours du parc et les programmes de conservation communautaires sont essentiels pour minimiser les conflits et maximiser les profits. Une politique de relations de voisinage progressive stimule les bonnes relations avec les communautés établies près du parc de sorte qu’elles bénéficient directement des avantages que procure l’aire protégée avec le libre accès, le commerce et l’emploi.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

La gestion du Parc à l’échelon provincial est assurée par le Service de conservation de la nature du KwaZulu-Natal en collaboration avec l’administration provinciale conformément à la législation nationale et provinciale. L’Afrique du Sud a une solide législation qui assure à iSimangaliso la protection juridique nécessaire, notamment avec la loi de 1999 sur la Convention du patrimoine mondial. iSimangaliso compte quatre sites Ramsar [(i) Système lacustre de Sainte-Lucie (site Ramsar # 345) (ii) Plages à tortues/Récif corallien de Tongaland (site Ramsar # 344) (iii) Système lacustre de la baie de Kosi (site Ramsar #527) et (iv) Lac Sibaya (site Ramsar # 528)] qui reconnaissent les fonctions écologiques des zones humides ainsi que leur importance en tant que ressources de valeur économique, culturelle, scientifique et récréative. Toutes les utilisations humaines de iSimangaliso sous soumises à des normes de gestion, de recherche et de surveillance intensives. Elles sont également confinées à environ un tiers de la superficie totale du parc tandis que les activités extractives sont interdites dans l’espace restant. Des fonds ont été alloués par le WWF pour soutenir les efforts communautaires de conservation, mais le financement principal qui garantit la bonne gestion de iSimangaliso est accordé par la province.

Un risque majeur pour le parc est de voir se détériorer l’hydrologie et la salinité du système de zones humides, avec une réduction de l’alimentation en eau due à la transformation des marais du Mfolozi supérieur par l’agriculture. De graves sécheresses ont accru la salinité et tué la végétation au large des côtes, causant l’érosion des berges et l’envasement du lac. Le fleuve Umfolozi a également menacé de se déverser dans le lac, augmentant encore la probabilité de sédimentation, l’ensablement et l’arrivée d’eau de mer suite à l’ouverture d’une brèche dans le banc de sable. Des événements aussi catastrophiques que l’échouage d’un pétrolier près du parc en 2002 mettent également le site en péril. D’autres menaces proviennent de dommages dus à une utilisation intensive (tourisme et surexploitation des ressources à l’exemple de la pêche non durable).

Le parc, qui enregistre de forts taux de fréquentation, a été divisé en trois zones d’utilisation écotouristique : une zone d’utilisation de faible intensité dans l’espace de nature sauvage accessible à pied sauf pour le personnel ; une zone d’utilisation modérée où les visiteurs peuvent voir la nature depuis des véhicules ou des camps et des observatoires disséminés dans le parc ; et des zones d’utilisation de forte intensité où, à sept « nœuds » de développement, il y a des routes, des présentations interprétatives et didactiques, des marches guidées, des lieux d’hébergement et autres équipements.

L’infestation par des plantes exotiques envahissantes est un problème, bien qu’elle soit actuellement limitée. Les espèces les plus nuisibles sont Chromolaena odorata, Psidium guajava, Pereckia acuelata et Melia azedarach. Les programmes de l’Institut de recherche sur la protection des plantes ont utilisé le contrôle biologique, notamment pour détruire des infestations de plantes dans d’importants bassins versants amenant l’eau. De plus, les pinèdes et les plantations d’eucalyptus autour du lac ont été supprimées pour améliorer la filtration de l’eau.

Plusieurs plaintes ont été déposées dans le passé par des communautés appauvries devant le Tribunal des revendications foncières. Elles concernent la Forêt domaniale des rives orientales, la Forêt domaniale du Cap Vidal et la Forêt domaniale de Sodwana. Une solution a été trouvée avec les Mbuyazi dont les droits près du Cap Vidal ont été reconnus, non pas d’installer, mais d’aménager les terres ancestrales pour le tourisme. Plus récemment, il y a eu des conflits au sujet d’autres grands projets de construction hôtelière lancés dans des zones écologiquement fragiles sans avoir de contact avec les acteurs locaux, ni d’évaluation d’impact environnemental ou d’infrastructure adéquate. Toutefois, à partir de 2004 il a été annoncé que les parties requérantes et les communautés locales étaient acceptées comme partenaires dans l’aménagement du parc.

© UNESCO – Mis à jour le 26 février 2022 par Dico Voyage