Sardes et les tumuli lydiens de Bin Tepe

De larges tumuli herbeux dans la plaine turque près de Sardes, collines rondes alignées
Sommaire7 sections
  1. 01Le pillage, la principale menace qui pèse encore sur le site
  2. 02Une capitale lydienne protégée par un mur de vingt mètres d’épaisseur
  3. 03La monnaie, une invention lydienne aux conséquences durables
  4. 04Plus de cent dix-neuf tumuli au nord de la citadelle
  5. 05Soixante-dix ans de fouilles, et un chantier toujours ouvert
  6. 06Une protection renforcée, mais encore incomplète au sud
  7. 07Ce que prévoit encore le plan de gestion

Les tumuli royaux de Bin Tepe, en Turquie occidentale, ont longtemps été pillés avant que les fouilles ne révèlent la capitale lydienne de Sardes.

Le pillage, la principale menace qui pèse encore sur le site

Une partie des tumuli de la nécropole de Bin Tepe a été fouillée illégalement au fil des siècles, bien avant l’arrivée des équipes archéologiques scientifiques. Ce pillage a détruit des sépultures et dispersé du mobilier funéraire qui aurait permis de mieux dater et documenter les tombes. C’est aujourd’hui l’un des deux facteurs, avec certaines reconstructions anciennes à Sardes, qui limitent le niveau d’authenticité du bien selon les évaluateurs du patrimoine mondial.

Une capitale lydienne protégée par un mur de vingt mètres d’épaisseur

Sardes fut, du VIIIe au VIe siècle avant notre ère, la capitale et l’unique grande ville du royaume lydien. Les Lydiens y ont bâti un système de terrasses monumentales qui ne ressemble à aucun urbanisme grec, égyptien ou proche-oriental de la même époque, et ont entouré la ville d’un mur de fortification large de vingt mètres, une épaisseur exceptionnelle pour la région.

La monnaie, une invention lydienne aux conséquences durables

Les Lydiens ont inventé la frappe monétaire, une technique reprise très vite par leurs voisins grecs puis par une grande partie du monde antique. Cette richesse, en grande partie fondée sur l’or, a financé l’expansion rapide du royaume sur l’essentiel de l’Anatolie occidentale, jusqu’à la chute retentissante du dernier roi lydien, Crésus, restée un sujet littéraire depuis l’Antiquité.

Plus de cent dix-neuf tumuli au nord de la citadelle

La nécropole de Bin Tepe regroupe plus de cent dix-neuf tumuli, entre sept et dix-sept kilomètres au nord de la citadelle de Sardes. Les trois plus grandes tombes comptent parmi les tumuli les plus imposants jamais élevés dans l’Antiquité, et sont aussi les premières connues à utiliser des murs enduits et des bornes en pierre pour marquer leur périmètre, une technique qui a ensuite essaimé ailleurs dans la région.

Soixante-dix ans de fouilles, et un chantier toujours ouvert

Plus de soixante-dix années de fouilles, menées notamment par l’expédition de Sardes des musées d’art de Harvard, ont mis au jour des vestiges d’une variété rare, avec des archives et des collections d’artefacts abondantes. La présentation de la ville reste malgré tout complexe : les couches lydiennes se superposent à celles des civilisations qui ont occupé Sardes après la chute du royaume, ce qui rend la lecture du site difficile pour un visiteur non averti.

Une protection renforcée, mais encore incomplète au sud

Les deux éléments du site, la ville de Sardes et la nécropole de Bin Tepe, sont classés zones de conservation archéologique par le conseil régional d’Izmir, au titre de la loi turque sur la conservation des biens culturels et naturels de 1983. Certaines parcelles situées dans la partie sud de Sardes restent toutefois protégées à un niveau moindre que le reste du site, une situation que les autorités turques ont indiqué vouloir corriger en alignant les zonages sur les limites réelles du bien.

Selon Le Centre du Patrimoine mondial. Tous droits réservés., un plan de gestion coordonne désormais les efforts entre les nombreux organismes impliqués sur le site, avec un volet consacré à l’accueil des visiteurs.

Ce que prévoit encore le plan de gestion

Au-delà de l’entretien courant des vestiges dégagés, le plan de gestion prévoit d’améliorer l’interprétation proposée aux visiteurs sur les deux éléments du bien, aujourd’hui jugée insuffisante au regard de la richesse du site. Une zone tampon unique, englobant à la fois Sardes et la nécropole de Bin Tepe, doit aussi renforcer la lisibilité du lien visuel entre la ville et ses tombeaux royaux, aujourd’hui séparés par plusieurs kilomètres de campagne.

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