Barcelone suffoque sous le poids du tourisme de croisière

Barcelone, joyau de la Méditerranée, ressent le poids croissant du tourisme de croisière. Entre afflux massif de visiteurs, pression sur les infrastructures et altération du tissu urbain, la ville catalane étouffe. Il est urgent d’explorer des alternatives responsables pour préserver l’authenticité et la beauté de Barcelone.

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Entre catastrophe environnementale et cause du surtourisme, les croisières n’ont plus vraiment la cote. C’est pourtant à l’exploitation de ce marché touristique qu’a été attribué, fin mars, le septième et dernier terminal du port de Barcelone.

Pollution record liée au trafic portuaire

Et la palme de la ville méditerranéenne la plus polluée par son trafic portuaire revient à… Barcelone. En 2022, selon un rapport de la Fédération européenne pour le transport et l’environnement, Barcelone a décroché cette bien triste victoire. La cause principale ? Les bateaux de croisière polluants qui font escale dans la cité catalane. Avec l’annonce de l’attribution du septième terminal du port, la situation pourrait empirer. Ce nouveau terminal, opérationnel en 2027, devrait attirer un million de vacanciers supplémentaires, portant le nombre total de touristes à 4,5 millions par an. Déjà première cité méditerranéenne en termes de croisiéristes, Barcelone pourrait ainsi atteindre un point de non-retour.

Un impact environnemental alarmant

Au-delà de l’impact social que représente le surtourisme lié aux croisières, l’impact environnemental est aussi à prendre en compte. Si, grâce à la pandémie, les mers et océans ont eu droit à une pause bien méritée, depuis 2019, le nombre de navires touristiques a augmenté, inversant ainsi la tendance. Étonnamment, le nombre de passagers montant à bord a diminué : une véritable aberration écologique.

Réactions locales et greenwashing

Le collectif barcelonais d’activistes environnementaux Stop Creuers dénonce la responsabilité de Lluís Salvadó, président du port de Barcelone, et condamne sa décision concernant l’attribution du septième terminal. Dans un communiqué publié le 21 mars, le groupe s’indigne du greenwashing opéré autour de cette transaction et rappelle que le tourisme de masse entraîne une myriade de conséquences environnementales.

Ils soulignent que :

  • Plus de croisières signifie plus de pollution, de toutes sortes, et plus de réchauffement climatique.
  • De nombreux navires de croisière utilisent encore du fioul lourd, et son substitut, le gaz naturel liquéfié, peut avoir de pires effets en termes de réchauffement climatique.

Pour ces raisons, le collectif demande le retrait de l’attribution du 7e terminal et l’établissement d’un plan contraignant pour la réduction urgente du tourisme de croisière à Barcelone.

Mesures de durabilité contestées

Interrogé par Equinox, le port de Barcelone réfute les accusations du collectif, estimant s’être tenu à l’accord négocié en 2018 de limiter son exploitation à sept terminaux et mettant en place des mesures pour garantir la durabilité environnementale de ses projets.

Le port affirme que :

  • Les croisières sont de plus en plus durables.
  • Des efforts sont faits pour réduire les émissions dues au stationnement des bateaux depuis des années.
  • Des primes sont offertes pour les escales en basse saison.
  • Les navires fonctionnant au GNL, moins polluants, sont favorisés.

Toutefois, des doutes persistent quant à l’efficacité réelle de ces mesures, notamment au vu des statistiques de pollution alarmantes.

Des exemples inspirants à suivre

Déjà fortement touchée par la sécheresse, Barcelone ne survivra pas au surtourisme si le port ne collabore pas davantage aux efforts de la communauté. Pourtant, des exemples positifs existent ailleurs en Europe. Venise, par exemple, autrefois le port le plus pollué d’Europe en 2019, est passée à la 41e place en 2022. Cette amélioration est attribuée à l’interdiction, depuis 2021, des navires de croisière de plus de 25 000 GT dans les eaux de la ville, réduisant ainsi les émissions d’oxyde de soufre de 80 %.

Barcelone a donc besoin de suivre des exemples similaires pour espérer un avenir durable face à la pression du tourisme de croisière.

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