Sítio Roberto Burle Marx

rapprochée d'un jardin tropical dense aux massifs de larges feuilles vertes et de palmiers
Sommaire6 sections
  1. 01Une technique qui rompt avec le jardin classique
  2. 021949, le début d’un chantier de quarante ans
  3. 03Ce que Burle Marx est allé chercher sur le terrain
  4. 04Trois mille cinq cents espèces sous trois formations
  5. 05Une inscription tardive mais cohérente
  6. 06Ce qu’on visite concrètement

Au Sítio Roberto Burle Marx, les massifs de plantes reproduisent la logique d’un habitat naturel plutôt qu’un simple dessin décoratif.

Une technique qui rompt avec le jardin classique

La méthode de Roberto Burle Marx (1909-1994) tient en une idée simple à énoncer et difficile à exécuter : regrouper les plantes comme elles se retrouveraient dans la nature, par communauté végétale, plutôt que par simple effet décoratif. Sur place, cela se traduit par des masses de couleurs et de textures organisées en courbes, jamais en lignes droites, où une espèce à feuillage sombre vient buter contre une autre au feuillage argenté pour créer un contraste net, visible à distance. C’est ce vocabulaire de formes sinueuses et de plantations en masse qui a fini par définir le style Burle Marx, repris ensuite dans des jardins modernes sur plusieurs continents.

1949, le début d’un chantier de quarante ans

Le jardin commence en 1949, sur un terrain situé à l’ouest de Rio de Janeiro que Burle Marx acquiert pour y installer sa collection personnelle de végétaux. Le chantier ne s’arrêtera qu’à sa mort en 1994 : c’est un projet mené sur plus de quarante ans, jamais figé, où chaque nouvelle expédition botanique venait enrichir la palette disponible. Cette durée explique la densité du site aujourd’hui : peu de jardins ont eu le temps de mûrir sur une échelle de temps aussi longue entre les mains d’un seul créateur.

Ce que Burle Marx est allé chercher sur le terrain

Le savoir-faire qui distingue ce site tient aussi à la manière dont les plantes y sont arrivées. Burle Marx accompagnait des botanistes lors d’expéditions dans différentes régions du Brésil pour collecter des espèces menacées ou peu connues, qu’il rapportait ensuite au Sítio pour les cultiver et les étudier. À la fin des années 1960, le domaine abritait déjà l’une des collections de plantes brésiliennes les plus complètes du pays, aux côtés d’espèces tropicales rares venues d’ailleurs. Cette double casquette de créateur de jardins et de collectionneur scientifique est rare, et elle se lit encore aujourd’hui dans l’organisation du terrain.

Trois mille cinq cents espèces sous trois formations

Sur le terrain poussent aujourd’hui environ 3 500 espèces tropicales et subtropicales cultivées, en harmonie avec la végétation native de la région. Trois grandes formations s’y côtoient : la mangrove, la restinga, cette forêt côtière humide typique du littoral brésilien, et la forêt atlantique. Cette juxtaposition permet de voir, sur une surface restreinte, des écosystèmes qu’il faudrait normalement parcourir des centaines de kilomètres pour observer séparément.

Une inscription tardive mais cohérente

L’UNESCO l’a inscrit sur la liste du patrimoine mondial comme premier jardin tropical moderne à recevoir cette reconnaissance CC-BY-SA IGO 3.0. Le comité a retenu la conception écologique de la forme comme processus continu, plutôt que comme composition achevée, ainsi que la dimension de collaboration sociale qui sous-tend la préservation de l’environnement et de la culture locale CC-BY-SA IGO 3.0. C’est une manière de dire que le site vaut moins pour un état figé que pour la méthode qui continue de le faire évoluer.

Ce qu’on visite concrètement

La visite se fait en général accompagnée, sur réservation, le domaine restant avant tout un lieu de conservation actif plutôt qu’un parc ouvert au public sans limite. On y suit les allées tracées par Burle Marx lui-même entre les massifs, on observe les compositions de bromeliacées et d’aracées pour lesquelles il avait une prédilection marquée, et on peut voir certains bâtiments de l’ancienne exploitation agricole reconvertis en ateliers CC-BY-SA IGO 3.0. La description multilingue publiée par le Centre du patrimoine mondial reste la source de référence pour les éléments historiques précis du dossier d’inscription CC-BY-SA IGO 3.0.

Le dossier d’inscription souligne enfin que cette conception écologique de la forme, comme processus plutôt que comme résultat, a influencé le développement des jardins modernes bien au-delà du Brésil CC-BY-SA IGO 3.0. C’est peut-être la meilleure définition du savoir-faire de Burle Marx : un jardinier qui pensait en botaniste, et un artiste qui composait avec des espèces vivantes plutôt qu’avec des matériaux inertes CC-BY-SA IGO 3.0.

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