
Brève synthèse
La Route de Wixárika à travers les sites sacrés jusqu’à Wirikuta (Tatehuarí Huajuyé) est un bien en série de vingt éléments constitutifs qui s’étend à travers le centre-nord du Mexique sur plus de 500 kilomètres, traversant de nombreuses régions écologiques, dont certaines sont importantes pour leur biodiversité et d’autres valeurs naturelles. Les rituels pratiqués le long de la route sont destinés à maintenir les liens avec les éléments naturels considérés comme des divinités ancestrales, ainsi qu’à assurer le succès du cycle agricole de la milpa et concourir au bien-être général de la population. L’ensemble des éléments constitutifs constituent la route sacrée jusqu’à Wirikuta – le Chemin de notre Grand-Père le Feu – « Tatehuarí Huajuyé ».
La relation intime des Wixárika avec leur territoire s’exprime au travers des sites sacrés et des paysages des vingt éléments constitutifs. Ces derniers expriment des liens avec la vision du monde de la culture wixárika, en particulier avec des éléments tels que le maïs, l’aigle royal, le cerf et le peyotl. Le pèlerinage annuel implique une séquence d’activités rituelles traditionnelles qui composent les cycles cérémoniels. Le bien est un exemple exceptionnel et représentatif vivant des routes ancestrales cérémonielles et commerciales qui ont connectées et enrichies culturellement les peuples du continent américain depuis des millénaires.
Les attributs de la route comprennent les traditions et les pratiques patrimoniales immatérielles des Wixárika, dont la vénération des ancêtres vivants dans la nature, leurs riches traditions orales transmises par des histoires, des chants, des prières et des contes sacrés, les centres cérémoniels et les temples, ainsi que la fabrication d’objets traditionnels. La route est aussi associée au système agricole traditionnel et d’occupation des terres de la milpa.
Critère (iii) : La Route de Wixárika à travers les sites sacrés jusqu’à Wirikuta (Tatehuarí Huajuyé) est l’une des routes précolombiennes les plus représentatives encore en usage dans les Amériques et constitue un témoignage exceptionnel des traditions culturelles vivantes du peuple wixárika. Les pèlerinages annuels des Wixárika à Wirikuta et d’autres sites sacrés sont la manifestation claire d’une tradition spirituelle reflétant une vision du monde spécifique qui relie les humains à la nature et au domaine sacré. La route témoigne de la connaissance culturelle profonde que les Wixárika ont de ces terres, des plantes et de la faune.
Critère (vi) : La Route de Wixárika à travers les sites sacrés jusqu’à Wirikuta (Tatehuarí Huajuyé) est une illustration remarquable de la relation entre la culture et l’environnement naturel au sein des pratiques spirituelles du peuple wixárika. Les sites sacrés sont imprégnés d’une profonde signification spirituelle, représentant différents éléments de la vision du monde et des croyances wixárika. La topographie, le climat, les animaux et les plantes révèlent les ancêtres, et chaque élément constitutif possède une signification rituelle spécifique. La faune et la flore qui revêtent une signification rituelle comprennent le tabac, le peyotl, le cerf et l’aigle royal. Pendant les voyages le long de la route, les anciens transmettent leur savoir aux jeunes générations par le biais de traditions orales, de danses, de récits, de l’art, de la musique et de rituels.
Intégrité
Ce bien en série de vingt sites comprend les principaux sites sacrés et paysages du Tatehuarí Huajuyé qui ont été sélectionnés en étroite collaboration avec les autorités wixárika, et englobe les attributs nécessaires qui reflètent sa signification culturelle et son développement historique. Les éléments constitutifs reflètent la séquence des activités rituelles et les histoires contées par les shamans (maraacames) pendant le pèlerinage annuel et les cérémonies.
Le pèlerinage annuel est un élément central et continu de la culture et de la vision du monde des Wixárika, réaffirmant le lien spirituel entre le peuple wixárika et ses territoires sacrés. L’état de conservation des éléments constitutifs est généralement bon, bien que potentiellement vulnérable en raison d’une série de facteurs tels que l’extraction minière, les cas d’accès restreint à travers des propriétés privées, l’expansion urbaine, le tourisme inapproprié et la consommation de peyotl.
Authenticité
L’authenticité du bien est basée sur la sauvegarde des pratiques spirituelles, la préservation du paysage naturel (notamment des écosystèmes, de la qualité de l’eau, des espèces et de la topographie) et la transmission des traditions culturelles au sein des communautés wixárika. Les paysages, les pratiques rituelles, l’architecture vernaculaire et les expressions artistiques traduisent la continuité des traditions wixárika. Le bien en série répond aux conditions d’authenticité sur la base de la sauvegarde à la fois de ses caractéristiques matérielles (formes, matériaux, situation) et de ses caractéristiques immatérielles (langue, traditions, spiritualité). La valeur culturelle du bien est exprimée fidèlement par les attributs présents dans les éléments constitutifs.
Éléments requis en matière de protection et de gestion
La protection juridique du bien est assurée par un certain nombre de lois étatiques et fédérales. L’Institut national d’anthropologie et d’histoire (INAH) est une agence fédérale responsable de la conservation du patrimoine culturel, et la Commission nationale pour les zones naturelles protégées (CONANP) agit au niveau des zones de conservation de la nature. La loi générale sur l’équilibre écologique et la protection environnementale (LGEEPA) définit le cadre pour la création et la gestion des zones naturelles protégées (NPA), la protection de l’environnement naturel des zones historiques et archéologiques, ainsi que des zones importantes pour la culture et l’identité autochtones. Les changements relatifs à l’occupation des terres sont réglementés par le Bureau du Procureur fédéral de la protection de l’environnement (Procuraduría Federal de Protección al Ambiente, PROFEPA).
La protection juridique a été renforcée par l’adoption récente de la loi fédérale pour la protection du patrimoine culturel des peuples et communautés autochtones et afro-mexicaines (2023) ; le décret modifiant, ajoutant et abrogeant diverses dispositions de l’Article 2 de la Constitution politique des États-Unis mexicains concernant les peuples et les communautés autochtones et afro-mexicaines (2024) ; ainsi que par le décret reconnaissant, protégeant, préservant et sauvegardant les lieux sacrés et les routes de pèlerinage des peuples autochtones wixárika, náayeri, o’dam (ou au’dam) et mexikan, et créant la Commission présidentielle chargée de son application (2023).
Une Unité de gestion sera mise en place pour coordonner la gestion du bien en série et la mise en œuvre du Plan intégré de gestion, de conservation et de sauvegarde (2024-2030), qui adopte une approche bioculturelle. Ce plan définit des orientations pour la protection et la gestion du bien en série et a été élaboré en collaboration avec les communautés wixárika, les autorités fédérales, étatiques et locales, ainsi que l’organisation Conservación Humana A.C, reflétant une approche inclusive et participative. Un système de protection et de suivi est en vigueur, géré par le Conseil régional wixárika (Consejo Regional Wixárika, CRW).
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