Les animaux emblématiques d'Islande

d'ensemble d'un glacier islandais, langue glaciaire descendant vers une plaine volcanique noire, sous un
Sommaire7 sections
  1. 01Un parc inscrit pour le feu et la glace, pas pour ses animaux
  2. 02Le macareux moine, discret la moitié de l'année
  3. 03Les baleines, une observation qui dépend du bon spot
  4. 04Le renard arctique, seul mammifère terrestre vraiment islandais
  5. 05L'ours polaire, visiteur accidentel et non résident
  6. 06Le cheval islandais, une race isolée depuis mille ans
  7. 07Pygargues et oiseaux de mer, une faune sous surveillance

L'UNESCO a inscrit le parc national de Vatnajökull en 2019 pour ses volcans et ses glaciers, un territoire où vit l'essentiel de la faune sauvage islandaise.

Un parc inscrit pour le feu et la glace, pas pour ses animaux

L'inscription de 2019 récompense un territoire, pas une liste d'espèces : elle repose sur les critères vii et viii, qui distinguent une beauté naturelle exceptionnelle et des processus géologiques toujours actifs. Vatnajökull couvre à lui seul environ 8 % de la surface de l'Islande, entre calotte glaciaire, volcans sous-glaciaires et zones côtières. C'est ce même territoire de « glace et de feu » qui abrite l'essentiel de la faune que l'on vient observer dans le pays.

Le macareux moine, discret la moitié de l'année

Le macareux moine, surnommé perroquet de mer pour son bec orange et noir, ne passe que la moitié de l'année sur terre. Il revient nicher de mai à août sur les falaises côtières, où les couples creusent un terrier et n'y pondent qu'un seul œuf. Les colonies les plus accessibles se trouvent sur les îles de Lundey et d'Akurey près de Reykjavik, dans la baie de Breiðafjörður, sur la péninsule de Snæfellsnes et à Látrabjarg, la plus grande falaise à oiseaux d'Europe.

Le reste de l'année, l'oiseau vit en mer, loin des côtes. Sa population décline depuis une quinzaine d'années en Islande, un signal que les scientifiques relient au réchauffement des eaux et à la raréfaction du lançon, son poisson favori.

Les baleines, une observation qui dépend du bon spot

Húsavík, dans le nord, s'est imposée comme la capitale islandaise de l'observation des baleines grâce à une baie où l'espèce la plus fréquemment croisée reste le petit rorqual. Les baleines à bosse, plus spectaculaires quand elles bondissent hors de l'eau, se voient plutôt au large de Snæfellsnes et dans la baie de Faxaflói près de Reykjavik. Les orques, elles, suivent les bancs de harengs et se concentrent surtout dans les fjords de l'Ouest en hiver.

Le rorqual commun, deuxième plus grand animal du monde après la baleine bleue, croise aussi dans ces eaux mais reste moins prévisible. Choisir un tour respectueux des distances d'approche compte davantage que le nombre de sorties : plusieurs excursions journalières multiplient le dérangement sans garantir de meilleures observations.

Le renard arctique, seul mammifère terrestre vraiment islandais

Le renard arctique est le seul mammifère terrestre indigène de l'île, arrivé par la banquise à la fin de la dernière glaciation. Sa fourrure passe du blanc immaculé l'hiver à un brun tacheté l'été, un camouflage adapté à chaque saison. Il reste difficile à observer ailleurs que dans la réserve naturelle des Hornstrandir, dans les fjords de l'Ouest, où l'absence de prédateur et de chasse en a fait l'un des rares endroits où l'animal s'approche sans crainte.

Les rennes, eux, ne sont pas indigènes : introduits de Norvège à la fin du XVIIIe siècle pour développer un élevage qui n'a jamais vraiment pris, ils forment aujourd'hui une population sauvage limitée à l'est de l'Islande, autour des hautes terres de Snæfell.

L'ours polaire, visiteur accidentel et non résident

L'ours polaire n'a jamais été un animal islandais : chaque apparition, rarissime, correspond à un individu venu du Groenland sur un morceau de banquise dérivante, échoué sur les côtes du nord-ouest. Les autorités islandaises l'abattent ou le capturent systématiquement, faute de solution de relocalisation adaptée, ce qui explique qu'aucune population ne s'est jamais installée durablement.

Le cheval islandais, une race isolée depuis mille ans

Amené par les colons scandinaves au IXe siècle, le cheval islandais vit depuis sans croisement avec d'autres races : une loi interdit d'ailleurs de réimporter en Islande un cheval qui en serait sorti. Son allure unique, le tölt, une démarche à quatre temps particulièrement douce, en fait une monture recherchée pour les longues traversées de lave et de sable noir.

Pygargues et oiseaux de mer, une faune sous surveillance

Le pygargue à queue blanche, plus grand rapace d'Europe, a frôlé la disparition en Islande au début du XXe siècle à cause du poison utilisé contre les renards. Sa population, protégée depuis 1913, reste fragile et concentrée dans l'ouest du pays, loin des sentiers touristiques les plus fréquentés. Aux côtés du macareux, des millions d'oiseaux migrateurs font escale chaque année sur les côtes islandaises entre l'Europe et l'Arctique, un passage qui culmine au printemps et en fin d'été.

Observer cette faune suppose de garder ses distances : approcher un terrier de macareux ou un nid de pygargue perturbe la reproduction bien plus que ne le laisse croire une simple photo prise de loin.

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