Jérémie

Ajouter un commentaire

Sur la route de Jérémie, vous arrivez au carrefour Zaboka après 2 heures de mauvaise piste dont une rivière parfois en crue à traverser. Le véhicule tout-terrain est indispensable.  Une dizaine de kilomètres après la rivière laisser à gauche la route de Jérémie, et dirigez-vous sur Pestel.

Plus faits pour des gens de bateau, en particulier du fait de sa difficulté d’abord par la route, ne vous lancez dans cette « expédition » que si vous aimez l’aventure, la découverte… et la flibuste ! Et dans ce cas, vous ne serez pas déçu !

Déjà, la route d’accès à Pestel offrent un décor rare en Haïti, toute une zone caféière comme l’on n’en voit plus. Un très bel endroit.

Et une fois arrivé, une baie totalement protégée avec une douzaine de criques profondes, trois ou quatre plages inexploitées, et la solitude ou presque…  Pestel (1.500 habitants) est un village situé à l’extrémité d’une longue vallée et pourvu d’un port remarquablement protégé des vents et des cyclones. Le dépaysement est total avec un confort minimum : 2 petits hôtels se sont créés. Des tas de sports nautiques sont possibles sur ce superbe plan d’eau naturel. Et un bar-restaurant « le café de la Gare » (sic !) où vous êtes sûr de rencontrer des flibustiers !

Une petite marina a été aménagée (24 bateaux au ponton, 24 au mouillage, du carburant, de l’eau) baptisée « Libertalia » du nom d’une République flibustière égalitaire tout à fait authentique qui fut créée par le capitaine Misson à la fin du 17ème siècle dans la baie de Diego Suarez, à Madagascar, et qui a existé pendant 12 ans…

En projet, sur un des promontoires de la baie, doté d’une vue splendide, « l’auberge-du-rat-qui-pète ». C’était l’auberge la plus active au temps de la flibuste, dans l’île de la Tortue !

Et pour sélectionner les clients de cette marina, pour être sûr que ce soient des marins, ils devront faire parti du club des « 100 mouillages », tous différents bien sûr. Ca commence à se savoir sur radio-cocotiers. Les capitaines comptent leur mouillages…

« Pisse-au-vent » en a 286… Ce chiffre est garanti, c’est « Brise-gallets » qui le certifie. Lui en compte 97. (Son nom lui vient du fait qu’il a abîmé pas mal de cailloux avec sa quille…)

La traversée jusqu’à l’île de la Grande Cayemite en face de Pestel dure 3/4 d’heure. Et le samedi soir, sur la plage de l’Anse-au-Trésor, vous dégustez du cabrit à la broche, en écoutant un orchestre de jazz local et pour le moins pittoresque. C’est inoubliable. On est vraiment au bout du monde. Et cela a quelques chances de durer !

Une Société Nautique de la Baie des Cayemites a été créée et entend contrôler le sort touristique de ce joyau. C’est elle qui a lancé la Fête de la mer. Le potentiel du lieu est certain, semble-t-il, le tourisme nautique aux Caraïbes étant appelé à se développer vers l’ouest de ces îles.

L’évolution de la Baie des Cayemites relève en fait d’un mouvement plus ample. En 1987, il n’y avait rien, ni eau, ni électricité. L’ouverture de ce lieu totalement isolé se fait selon trois axes : la pêche, le tourisme et une expérience de formation-recyclage d’instituteurs de la région lancée avec la coopération française. A terme, la construction navale devrait se développer également.


Laisser une réponse