Le Libellule, un bateau de croisière écologique sur le lac d'Annecy en Haute-Savoie
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Une famille embarque un mardi matin sur le Libellule, à Annecy : pas d’odeur de gasoil, pas de vibration du moteur, seulement le bruit de l’eau.
Le bateau appartient au groupe Tourisme Participations, qui exploite aussi des compagnies de bateaux sur le lac du Bourget et sur le Léman. Le Libellule est le septième navire de la flotte à recevoir une propulsion entièrement électrique, dans le cadre d’un programme qui vise à réduire de 95 % les émissions de CO2 de l’ensemble des bateaux du groupe. À Annecy, il ne reste plus que deux bateaux à convertir pour atteindre cet objectif.
Quatre moteurs électriques pour 300 places
Le Libellule embarque quatre moteurs électriques alimentés par deux groupes de batteries, pour une capacité de 300 passagers. La conversion a coûté 4,2 millions d’euros, sur un budget total de 10 millions consacré à l’ensemble de la flotte du groupe. Le résultat se remarque dès l’embarquement : le silence remplace le grondement habituel d’un moteur diesel, et l’absence de vibrations change sensiblement la sensation de la traversée.
Ce que la traversée change concrètement
Sur le trajet, les enfants s’approchent du bastingage sans qu’il faille élever la voix pour se parler d’un bout à l’autre du pont. Les montagnes qui encadrent le lac, le Roc de Chère ou la Tournette selon la direction prise, restent visibles sans le voile de fumée qu’un moteur thermique laisse parfois derrière lui par temps calme. Pour les familles avec de jeunes enfants, l’absence de vibration réduit aussi le mal des transports, un point que les parents remarquent souvent après coup.
Le trajet emprunté ce jour-là longe le lac, avec un arrêt possible selon les horaires à Talloires côté est ou à Duingt côté ouest. La croisière ne cherche pas à couvrir un maximum de sites : elle laisse le temps de regarder l’eau changer de couleur selon la lumière, du bleu profond au petit matin au vert plus clair en milieu de journée.
Un lac sous pression, une réponse partielle
Le lac d’Annecy accueille chaque été un trafic nautique dense, entre bateaux de croisière, embarcations privées et activités nautiques. La conversion électrique de la flotte ne résout pas la question de la fréquentation globale du plan d’eau, mais elle réduit la part liée aux moteurs thermiques des bateaux de transport de passagers, une source d’émissions et de bruit identifiée depuis plusieurs années par les acteurs locaux du tourisme.
Les deux bateaux restant à convertir à Annecy complèteront la flotte électrique dans les prochaines années, sans date précise annoncée pour l’instant. Le choix du Libellule comme septième conversion du groupe montre que le programme avance méthodiquement plutôt que par grands effets d’annonce.
Comment monter à bord
Les départs se font depuis les quais du centre-ville d’Annecy, avec plusieurs créneaux répartis dans la journée selon la saison. La réservation à l’avance est conseillée en période de forte affluence, l’été notamment, quand la demande dépasse parfois la capacité d’un seul départ. Les tarifs varient selon la durée de la traversée et la présence ou non d’un commentaire guidé pendant le trajet.
À la descente, la famille croisée ce mardi matin retient surtout le silence, plus que l’argument écologique en lui-même : c’est souvent ce détail sensoriel, avant les chiffres d’émissions évités, qui convainc de reprendre le bateau électrique la prochaine fois.
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